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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE III.
supporte la fabrication du verre, dans la Grande-Bretagne, n’élevaient ceproduit à un prix auquel beaucoup de consommateurs nepeuvent atteindre.C’est en conséquence une production qui ne prend pas, à beaucoup près,le développement dont elle serait susceptible; la valeur qui n'est pas misedans les glaces qu’on ne fait pas ne peut servir à acheter d’autres produitsqui pourraient se faire ; et le débouché qu’on pourrait trouver pour cesproduits est conséquemment resserré parle vice des lois
M. Mallhus, de même que beaucoup d’autres publicistes, croit à l’utilitéd’une classe d’hommes uniquement occupés du doux emploi de consom-mer en paix une partie de ce que les autres ont la peine de produire a . Maissi c’est avec l’argent de la société qu’ils achètent les produits de la société,n’est-ce pas tout comme si la société leur faisait don gratuitement des pro-duits qu’elle n’obtient qu’à titre onéreux? Je ne comprends point dans celleclasse les capitalistes ni les propriétaires fonciers qui ne vivent nullementsur les revenus d’autrui, mais sur le produit d’instruments productifs qui,loin de nuire aux hommes laborieux, leur sont au contraire très favo-rables. Je n’y comprends point même les rentiers dans les fonds publics :si le revenu de ceux-ci est prélevé sur le revenu des contribuables, ilsleur ont donné, pour acquérir celte rente, un principal qui a servi, ouqui est censé avoir servi à leur bien-être. Mais j’y comprends ces gens,quelque respectables qu’ils puissent être personnellement, qui sont rétri-bués pour des fonctions inutiles, ces bénéficiers ecclésiastiques, ces pen-sionnaires engraissés des faveurs du gouvernement, et en général tousceux qui ne subsistent que d’une organisation politique vicieuse. Or, il estévident que ces classes de consommateurs n’augmentent point la sommedes consommations, et n’offrent point de débouchés nouveaux; car, si onlaissait aux contribuables la portion des impôts qu’en emploie à l’entretien
’ En France, la fabrication des glaces a été restreinte par un autre vice : lemonopole accordé à une compagnie privilégiée. Ce privilège néanmoins n’ayantpas élevé le prix des glaces aussi haut que les droits Font fait en Angleterre,l’usage des glaces-miroirs y est devenu bien plus général. La compagnie a dûbaisser encore son tarif après la révolution française, dans la crainte de la con-currence, et ce beau produit s’est multiplié et répandu encore davantage.
4 Voyez les Principes d'économie politique de M. Malthus, chap. VU , sect. 9.Voyez aussi, en réponse à cet ouvrage, mes Lettres d Mallhus sur différents su-jets d’économie politique. (Ces lettres, qui ont d’abord paru séparément en 1820,font maintenant partie du volume de Mélanges et correspondance.)