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Tome I.
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DES BORNES DE LA PRODUCTION.

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de ces classes, que je suppose oisives, pour ne pas les supposer malfai-santes, les mêmes valeurs seraient consommées par les contribuableseux-mêmes

Supposez qu’un canton supporte une contribution de quarante millefrancs par an pour l’entretien d’un couvent de moines, et que, par suitede cette contribution, le paysan de ce canton soit assez mal vêtu pour nepouvoir se couvrir que de toiles d’étoupes, ainsi que j’en ai vu des exem-ples. S’il survient une révolution dans les mœurs, et qu’à la suite de cetterévolution les contributions fournies au couvent soient supprimées, etles moines obligés pour vivre de fabriquer du drap dans leur couvent, lepaysan, sur lequel on ne lèvera plus 40 mille francs pour nourrir des moines,pourra employer celle somme à l’achat de ces étoffes que les moines, de-venus laborieux, auront fabriquées ; le couvent changera son revenu abu-sif contre un revenu industriel, et un canton vêtu d’éloupes se montreradorénavant vêtu de drap.

M. Maillais et M. de Sismondi craignent que les sinécuristes devenuslaborieux n’élèvent une concurrence fâcheuse aux autres industrieux. Maisc’est une crainte chimérique. Un homme qui produit, achète les produitsdes autres producteurs. Il n’est pas de pays industrieux qui n’en offre lapreuve vivante; car ce n’est que dans les pays industrieux que l’on vendbeaucoup, et les peuples qui croupissent dans la paresse sont de pauvresconsommateurs^ Non-seulement il est impossible de se croire utile comme ,consommateur, quand on est oisif; mais on doit être bien convaincu que jl’on fait tort à la société sous un double rapport : et par les produits dont Jon ne l’enrichit pas, et par les produits dont on aurait provoqué la pro-duction en se rendant capable de les acheter.

Il nous reste à examiner de quel genre sont les causes naturelles quipeuvent élever la valeur d’un produit à un taux qui exclut la possibilitéde s’en servir, et par conséquent d’en faire la demande. Une telle investi-gation embrasserait l’examen de tous les frais de production indispensables;car les frais de production sont une difficulté naturelle qu’on n’entreprendpas de surmonter quand les fruits de la victoire ne dédommagent pas de

1 Les sommes que des contributions modérées laissent à la disposition du con-tribuable sont toujours dépensées tôt ou tard, même quand elles sont accumuléeset placées; cardes capitaux sont des sommes consacrées à la consommation re-productive.