DU PRIX COURANT. 365
cherchent de l’emploi, sont dans la circulation : ceux qui en ont trouvé n’ysont plus.
Les rentes publiques que leurs possesseurs ont achetées pour les re-vendre, sont danslacirculation. Celles qui ont été achetées par des rentierspour s’en faire un revenu permanent, ont été retirées de la circulation.
Il n’y a que les choses actuellement dans la circulation qui fassent partiede la quantité offerte, et qui exercent accidentellement quelque influencesur les prix.
CHAPITRE V.
l)u prix originaire des produits et de ce qui résulte de ses variations. •
En développant le mécanisme de la production des richesses, je vous aidit qu’un entrepreneur de production achète les services productifs querendent l’industrie, les capitaux, les fonds de terre, et qu’il les consomme;ce qui m’a conduit à vous représenter la production en général commeune espèce d’échange, dans lequel on donne les services productifs (ou cequ’ils ont coûté) pour recevoir en retour les produits (ou ce qu’on peut lesvendre) '. Cela demande quelques développements.
Donner des services productifs est une expression qui ne saurait vousparaître obscure. Pour obtenir un produit, je donne mon temps, mes peines,ou bien le travail, acheté par moi, d’un ouvrier, de même que je donne-une pièce de 5 francs pour acquérir une cravate, un dîner. Dans l’un etl’autre cas, c’est un échange que je fais. Or, dans cet échange que nousavons appelé production, ce que coûte un produit, c’est-à-dire, ses fraisde production, forme son prix originaire % ce qu’il coûte la première foisqu’il paraît dans le monde. Et comme, en général, les productions de touteespèce ont lieu continuellement, que Ton crée aujourd’hui des produitspareils à ceux d’hier, et qu’on en créera demain qui seront semblables à
' Voyez le chapitre IX de la l re partie, page 116.
2 Ce qu’Adam Smith appelle son prix naturel; ce que j’ai moi-même appeléson prix réel. Je n’ai pas conservé l’expression prix naturel, parce qu’il mesemble que le prix courant, lorsqu’il s’établit de lui-même, n’est pas moins na-turel ; on peut dire également qu’il n’est pas moins réel.