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Tome I.
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TROISIEME PARTIE. - CHAPITRE \ 11.

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qu’en subissant des conditions onéreuses. Les métaux précieux, au con-traire, servant aux échanges chez les peuples qui ont la moindre commu-nication avec le reste du monde, on est certain qu’ils leurs conviendront.Partout on fait des échanges ; partout on a besoin de l’instrument qui aété reconnu le plus commode pour les conclure.

En étudiant les fonctions de la monnaie dans l’économie sociale, nousavons vu que des qualités purement physiques ne suffisent pas pour qu’unemarchandise soit rendue propre à remplir ces fonctions ; il faut, de plus,qu’elle possède une qualité morale qui est la valeur, une valeur propre quisoit en elle; car de la monnaie n’est point un signe, comme un titre depropriété; elle est la propriété même, la chose possédée, et ne donne undroit nécessaire sur aucun antre objet. 11 faut donc qu’elle ait en elle-même sa valeur, la qualité qui en fait une portion de richesse.

Or, la matière dont la monnaie est faite influe sur sa valeur propre; elley influe en raison de la valeur intrinsèque de cette matière, et en raison dela quantité qui s’en trouve dans chaque pièce de monnaie, ou dans chaqueunité monétaire ; mais il ne faut pas croire qu’elle y influe exclusivement,et qu’une pièce de monnaie n’ait de valeur qu’en raison de la quantitéd’argent ou d’or qu’elle contient. Un flambeau d’argent ne vaut pas moins,mais peut valoir plus que le métal qui s’y trouve contenu; et vous savezen outre, messieurs, que la valeur d’une chose ne s’élève pas seulement enraison des frais de sa production, mais aussi en raison du besoin qu’on ena, en raison de sa rareté, soit que celte rareté soit l’effet d’un monopoleforcé, ou d’un monopole naturel.

Ces différentes causes agissent toutes, et à différents degrés d’intensité,sur la valeur de la monnaie et sur la valeur de la matière dont la monnaieest composée. Nous devons donc les séparer constamment dans notre es-prit ; quiconque ne regarde pas comme deux choses différentes la monnaieet la matière de la monnaie, ne saurait distinguer l’action des circons-tances qui agissent diversement sur ces deux choses, sur ces deux mar-chandises différentes. Tout est obscur pour qui les confond; tout devientclair pour qui les sépare '.

1 Lorsqu’il ne peut s’élever aucun doute sur le sens de mes expressions, j’em-ploie, comme le vulgaire, les mots argent, numéraire, espèces, pour désigner lesmonnaies; mais lorsqu'il s’agit de les désigner rigoureusement comme instru-ment propre à faciliter les échanges, je leur réserve exclusivement le nom de

monnaies.