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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE VUE
Je dis, dès lors, que la mine de Valenciana peut mettre sur le marché36 mille kilogrammes d’argent pur; mais avec cette restriction, que c’estau prix, qu’il a maintenant, c’est-à-dire, avec la quantité de produits qu’unkilogramme d’argent pur peut acheter actuellement; et qu’elle ne pourraitvraisemblablement pas en fournir la même quantité s’il venait à baisserde valeur; car il se pourrait qu’alors quelques-uns de ses filons ne ren-dissent pas leurs frais, ne payassent pas ce que coûtent les journées d’ou-vriers, la nourriture des chevaux, le mercure et le combustible employésà l’afiinage, etc. Dans ce cas, la mine de Valenciana jelerait dans la pir-culation moins de 36 mille kilogrammes d’argent pur, parce que ce métalaurait baissé de valeur.
Ce que je dis de cette mine peut s’appliquer aux autres. On en connaîtplusieurs qui ont été successivement abandonnées, parce que la valeur del’argent était tombée trop bas pour que leur produit pût rembourserleurs frais. Voilà ce qui borne la quantité offerte.
Par un motif analogue, si les négociants, qui font venir des espèces,étaient exposés à des saisies ; si la guerre les forçait à payer de plus fortesprimes d’assurance, ils cesseraient de faire venir des espèces, jusqu’à ceque la valeur du métal fût remontée assez pour les indemniser de leursfrais, qui sont aussi des frais de production ; car l’argent n’est entièrementproduit pour nous que lorsqu’il est mis à notre portée.
C’est ainsi que la valeur où est monté l’argent par les besoins qu’on ena, permet d’en répandre une certaine quantité dans la circulation, et quecette quantité est bornée par le prix que les consommateurs peuventmettre à cette denrée.
Un peu d’alliage a clé reconnu nécessaire dans les monnaies d’or etd’argent : outre qu’un affinage complet augmenterait beaucoup les fraisde fabrication, il paraît que le cuivre qu’on mêle aux métaux précieuxajoute quelque chose à leur dureté, et fait durer les pièces plus longtemps ;mais on ne regarde comme monnaie et l’on n’attache du prix qu’aux neufparties d’argent fin qui se trouvent dans les pièces d’argent; le cuivre,qui sert d’alliage, n’a aucune valeur. Si on voulait l’en retirer pour le vendreséparément, il ne paierait pas les frais de l’opération. Les 2 1/2 grammesde cuivre qui se trouvent dans une pièce de cinq francs valent à peu prèsun centime. L’addition du cuivre à l’argent fait donc partie des frais defabrication. L’argent qui arrive en Europe, y arrive, presque tout, sous laforme de piastres, qui portent déjà du cuivre; ce qu’il faut en ajouterpour baisser le litre des piastres jusqu’à celui de nos monnaies est peu