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INFLUENCE DE LA DECOUVERTE I)E L’AMÉRIQUE.
de chose et -coûte fort peu. Lorsqu’on transforme en monnaie des usten-siles d’argent, il faut plutôt, pour les amener au litre de nos monnaies, yajouter de l’argent pur que de l’alliage.
La même observation peut se faire sur la monnaie d’or.
CHAPITRE IX.
Pourquoi la valeur de l’argent n’est pas tombée davantage postérieurement à ladécouverte de l’Amérique.
Les principes que je viens de développer par rapport à l’argent (et quisont les mômes que je vous ai exposés par rapport aux autres produits),nous mettent en état d’expliquer un fait assez extraordinaire.
On a des raisons de croire que l'immense fécondité des mines d’Amé-rique a versé dans le monde douze fois autant de métaux précieux qu’il yen avait auparavant. Il semblerait que, dans chaque échange où l’argententre comme un des termes de l’échange, on devrait en donner douze foisautant qu’on en donnait jadis. Or, il ne paraît pas que, pour acquérir enmôme quantité les choses qui semblent avoir dû le moins varier de valeur,on donne au-delà d’une quantité d’argent six fois plus grande.
Voici l’explication de ce fait, quialongtemps embarrassé les publicistes :
Vers le temps où les mines du Nouveau-Monde furent découvertes,plusieurs circonstances contribuèrent à augmenter le besoin que l’on avaitd’argent.
1° Les progrès de l’industrie, en multipliant les produits, les produc-teurs et les consommateurs, augmentèrent le nombre et l’importance deséchanges. 11 fallut plus de valeur monétaire qu’auparavaul; et, pour ar-river à cette valeur, il fallut une quantité d’argent d’autant plus grande,que la valeur de celte marchandise baissait par son abondance môme.
2° Les mêmes progrès de l’industrie, en multipliant les profils des pro-ducteurs, en ajoutant à leur aisance, comme à leur nombre, permirent deplacer plus d’épargnes en ustensiles d’argent.
Les mômes causes ont agi sur l’or. Combien n’emploie-t-on pas plus debijoux qu’aulrefois ! Considérez seulement le nombre des montres à boîtesd’or et d’argent qui se font à présent. Du temps d’Henri IV et de Louis XIII,très peu de personnes portaient des montres; c’étaient des curiosités ré-servées pour les grands et pour les riches. Maintenant les montres sont