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TROISIEME PARTIE. - CHAPITRE IX.
répandues dans toutes les classes de la société. A Genève, seulement, onen fabrique 80 mille par année, et, quand le commerce va bien, ce nombreest porté jusqu’à 160 mille. Il n’y a pas d’étudiant dans les universités del’Europe, il n’y a pas de charretier sur nos grandes roules, qui n’aient desmontres dans leurs goussets.
3° Enfin, le passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance ouvritune communication directe avec des pays où le métal d’argent était plusrare encore et plus précieux qu’il n’était en Europe. Dans les envois ducommerce, aucune marchandise n’était portée en Asie avec plus d’avan-tage que l’argent, cl il en est encore de même.
Telles sont les causes bien claires, bien évidentes, qui ont voulu que,postérieurement à l’année 1500, on ait eu graduellement besoin, dans lemonde, d’une valeur en argent plus forte qu’auparavant. Ces causes nousmontrent qu’on avait à la fois l’envie d’employer plus d’argent, et desmoyens plus puissants pour l’acquérir. Or, ce sont ces moyens supérieursd’acquérir, par des marchandises, l’argent versé dans la circulation parles producteurs de ce métal, qui l’ont empêché de baisser dans la mêmeproportion que son abondance était accrue.
Représentons, pour un moment, toutes les marchandises par le blé, dontle prix, par rapport à l’argent, nous est connu aux diverses époques dontnous parlons. Là où il se présentait sur le marché 268 grains d’argent,poids de marc, il s’en est présenté 3,200. S’il ne s’élail pas offert sur lesmemes marchés plus de blé qu’auparavqnt, on n’aurait toujours offert qu’unseul hectolitre de blé pour avoir 3,200 grains d’argent. Au lieu de cela, ona olïert deux hectolitres pour obtenir celte quantité d’argent; l’offre du bléet de la plupart des autres denrées (que nous représentons ici par le blé),a donc doublé pendant que l’pffre de l'argent est devenue douze fois plusconsidérable; et comme, dans notre langage, offrir du blé c’est la mêmechose que demander de l’argent, et offrir de l’argent c’est la même choseque demander du blé, nous pourrons poser ce théorème qui, ainsi quevous le verrez, est prouvé par les faits : En même temps que l’offre del’argent, comparativement à ce qu’elle était avant la découverte de l’Amé-rique, a augmenté dans la proportion de 1 à 12, la demande du mêmemétal a augmenté dans la proportion de 1 à 2, et sa valeur (qui n’est quel’expression du rapport entre la quantité offerte et la quantité demandée),a conséquemment baissé dans la proportion de 6 à I.
Ge qui, en nombre ronds, se rapproche beaucoup de la vérité.
Un auteur anglais dont l’opinion a beaucoup de poids en celte matière,