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INFLUENCE I)E LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE.
et que par conséquent je ne peux pas passer sous silence, David Ricardodit, à l’occasion de cette doctrine* que l’étendue de la demande n’exerceaucune influence sur la valeur de l’argent ni d’aucune autre denrée; queleur valeur, à toutes, est irrévocablement déterminée par leurs frais deproduction; qu’on les obtient toutes pour le prix qu’elles coûtent à pro-duire, parce que si l’une d’elles valait sur le marché plus qu’elle ne coûteà produire, la concurrence des producteurs qui se porteraient de préfé-rence vers ce genre de production en ramènerait le prix au niveau desfrais. Ricardo a raison, et je crois n’avoir pas tort.
On ne paie pas un produit, fût-ce le métal d’argent, au-delà de ses fraisde production; mais la demande qu’on peut en faire quand les nationsparviennent à une situation plus prospère, permettant d’élever le prix qu’onpeut y consacrer, les producteurs de cette marchandise peuvent exploiterdes mines plus dispendieuses, soit en raison des difficultés de l’exploita-tion, soit à cause des prétentions plus élevées des propriétaires du fonds.On vend bien toujours un produit selon ce que coûtent les services pro-ductifs auxquels il doit l’existence; mais il y a des services qui, ne pouvantpas être fournis au-delà d’une quantité bornée, se font payer à un prixde monopole. Le propriétaire d’un bon vignoble, en louant chacun de sesarpents plus cher que ne le fait le propriétaire d’un mauvais terrain, seprévaut de la rareté des bons crus, pour faire payer le service productifde sa terre plus cher que celui d’un autre terrain. Il en est ainsi du servicefoncier de plusieurs mines. Les plus fécondes se louent plus cher; ou sile propriétaire lui-même les fait exploiter, il en tire un profit foncier su-périeur à celui que tire tel autre propriétaire '.
Quelques personnes ont paru craindre que les désordres qui pourrontsurvenir dans les Étals nouvellement devenus indépendants en Amériquen’anéantissent l’approvisionnement de métaux précieux que nous four-nissent les Cordilières. Je ne pense pas qu’un pareil évènement nuisît es-sentiellement aux développements que semble devoir prendre l’industrie du
’ Il est impossible que les partisans de l’opinion de Ricardo nient cet effet quise manifeste dans beaucoup d’autres produits. Entre personnes qui entendentbien l’économie politique, il ne peut y avoir que des dissentiments apparents; eten s’expliquant sur le sens que chacun a donné aux expressions, il est impos-sible que l’on ne soit pas tôt ou tard du même avis.