INFLUENCE DE LA DÉCOUVERTE DE L'AMÉRIQUE.
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téressé à la conserver soigneusement et à rendre à la circulation tout cequ’il en a tiré momentanément pour son usage, il s’en perd néanmoinsune assez forte partie.
1° L’usure que subissent les ustensiles d’argent est, au total, très con-sidérable en raison de ce que ces ustensiles sont fort multipliés, qu’ils sonten général très maniables, qu’ils présentent une surface étendue relative-ment à leur masse, et sont perpétuellement employés. Considérez, je vousprie, combien de cuillères, de fourchettes, de gobelets, sont constammentexposés au frottement de ceux qui s’en servent et de ceux qui les nettoient .Les pièces de monnaie présentent aussi beaucoup de surface, surtoutcelles qui sont petites ; quoique le frottement en emporte très peu chaquejour, ce peu, multiplié par le nombre de pièces et par celui des jours del’année, ne laisse pas d’avoir quelque importance. Des anciennes piècesfrançaises de 24, 12 et 6 sous, il a été frappé depuis 1726 jusqu’en 1794pour une somme de plus de 50 millions, et, d’après une expérience quej’ai faite, j’ai lieu de croire que, l’une portant l’autre, elles avaient perdupar le frottement un quart de leur poids, c’est-à-dire qu’il y avait eu deperdu, sur celte petite monnaie seulement, plus de 12 millions! Réflé-chissez aux pertes du même genre qui se répètent dans tous les pays dumonde, même dans ceux où l’on a de la monnaie de papier, et où Ton faitnéanmoins usage de monnaie d’argent pour les coupures.
2° L’argent employé aux broderies, aux argentures, et même aux pla-qués, ne dure que le temps que ces meubles durent ; ce qu’on en relirede métal précieux, quand le meuble est hors de service, se réduit à peude chose. Smith dit que, de son temps, la seule manufacture de Birmin-gham consommait en placages pour 120,000 francs de notre monnaie parannée ; et, depuis Smith , cette manufacture a plus que doublé. Le peud’argent employé aux préparations chimiques et pharmaceutiques est en-tièrement perdu.
3° Une autre perte annuelle est celle des sommes enfouies et cachéesdont la connaissance meurt avec leur maître, et surtout celles qu’englou-tissent les flots de la mer L Or, il ne périt pas un navire où il ne se trouve
’ D’après un relevé qui a été fait en Angleterre, et que j’ai pris dans les papierspublics, il y a eu, dans le cours de Tannée 1827 seulement :
481 navires marchands perdus totalement;et 197 échoués dont on espère relever seulement quelques-uns.
En tout, 678 navires.