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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE IX.

vertical s’écartent, et leur écart agit sur un registre qui modère le feu.

Si une dépréciation rapide paraît difficile, une dépréciation lente n’estpas invraisemblable, parce qu’à mesure que la population et les artsgagnent du terrain, de nouvelles montagnes doivent être explorées et denouveaux progrès doivent avoir lieu dans l’exploitation. Les métaux pré-cieux paraissent en effet baisser, comparativement à la plupart des autresvaleurs; ce qui semble indiquer qu’il s’en reproduit plus qu’il ne s’en con-somme, et inêm'e plus que n’en peut absorber l’augmentation évidente desautres produits 1 .

Hume, qui écrivait vers 1750, estimait que toute chose payée en argentavait renchéri entre trois et quatre fois depuis la découverte de l’Amé-rique. Aujourd’hui, nous avons lieu de croire que l’on paie en général leschoses en argent six fois autant qu’on les payait avant la môme époque ;et il se peut qu’avant la fin de ce siècle, la quantité d’argent que Ton don-nera pour se procurer des choses qui n’auront réellement pas renchéri,soit d’un cinquième ou d’un quart plus grande qu’à présent. Le prix moyende tous les objets de consommation augmente presque partout. Le prixdes baux augmente d’une manière remarquable*.

Vous voyez, messieurs, que lorsqu’on stipule une somme à payer à uneépoque un peu éloignée, on ne sait réellement pas exactement quelle va-leur on s’engage à payer ou à recevoir. Si vous vendez une terre contreune rente perpétuelle en argent, vous vous imaginez que la rente, étantstipulée, non en monnaie nominale, mais en onces d’argent, vous ou voshéritiers recevrez toujours réellement la même valeur, et peut-être nerecevrez - vous qu’une valeur égale à celle qu’a maintenant un pareilnombre d’onces d’étain. Dans toute espèce de stipulation, on ne doit jamaisoublier que la valeur des choses, même des monnaies d’or et d’argent, estessenliellementvariable ; que Ton peutconserver fixes les dénominations ;

' Il faut considérer que la plupart des autres produits ne peuvent servir qu’ense consommant plus ou moins rapidement ; tandis que Tor et l’argent servent ense consommant fort peu, et que leur prix ne permet pas qu’on les gaspille.

2 Le prix des baux, il est vrai, n’augmente pas seulement à cause de la dégra-dation de l’argent dont on paie les fermages; mais à cause des améliorations ré-pandues sur la terre en vertu des progrès de l’agriculture, et parce que Ton saitmieux tirer parti du sol. Mais on ne peut nier que le prix des baux n’augmentemême dans les lieux où il n’y a point de valeurs capitales répandues sur le sol,et où Ton suit les méthodes les plus anciennes et les plus imparfaites.