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Tome I.
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INFLUENCE DE LA DÉCOUVERTE DE L’AMÉRIQUE. 403

que l’on peut même conserver fixes les quantités de métal ou d’autresmatières que désignent les mots : un franc ou un sequin ; mais que Tonne peut décidément pas conserver fixe la valeur d’un sequin ou d’un franc.Si celte augmentation relative de la masse des métaux précieux continue,nous pourrons acquérir à meilleur marché bien des ustensiles d’or etd’argent, et par conséquent les multiplier ; ce qui ajoutera quelque choseaux agréments de plusieurs classes nombreuses de la société. Mais il n’enrésultera pas le moindre avantage relativement aux monnaies. Il est trèsbon, au contraire, que la marchandise qu’on emploie pour les faire subissele moins de variations qu’il est possible ; et personne n’est intéressé à ceque Ton donne dans cinquante ans 50 grammes d’argent pour acquérir ceque Ton obtient aujourd’hui pour 25 grammes; carie vendeur ne serapas plus riche avec 50 grammes qu’il ne Test maintenant avec 25. Sil’Amérique n’eût pas été découverte, nous n’aurions pas éprouvé un grandinconvénient par rapport à nos monnaies. Les pièces d’or et d’argent au-raient été moins nombreuses ; mais elles auraient eu plus de valeur.

Les solides, les immenses avantages que nous avons recueillis de ladécouverte de l’Amérique, nous viennent des produits immédiatementconsommables qu’elle nous a procurés, soit par la voie de l’échange, soitparce que nous avons pu les naturaliser parmi nous. Calculez, si vouspouvez, ce que la seule pomme de terre a valu à l’Europe 1 .

* Les questions traitées dans ce chapitre ont pris un nouvel intérêt depuis ladécouverte des mines de la Californie et les développements remarquables qu’areçus l’exploitation des mines de l’Oural. Tandis que la quantité d’or extraite an-nuellement de ces dernières, et qui pendant longtemps n’avait guère dépassé25 millions, s’est élevée en 1849 jusqu'à 130 millions, on évalue à 300 millionsla quantité d’or expédié en un an de la Californie. Si cette addition annuelle àla masse d’or en circulation devenait régulière et continue, si surtout, commeon l’affirme, elle devait s’accroître encore, il est certain que la valeur de l’or, surle marché général européen, en éprouverait une baisse progressive, quoique pluslente et moins considérable peut-être, en définitive, qu’on ne paraît le croirecommunément. Voir, sur ce sujet, la Monnaie, tome 111 du Cours d'Economie■politique de M. Michel Chevalier, Paris, 1850, et un article du même auteur,dans VAnnuaire de l'Economie politique pour 1850, ( Note de l'éditeur.)