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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE XI.

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compte. On ne contracte point dans ce langage, ce n’est qu’une locutionfamilière perpétuellement ramenée à sa signification réelle par les contratset par les lois. Des noms populaires appliqués à nos différentes pièces demétal étiqueté ne risqueraient donc point d’amener l’altération de nosmonnaies, si les stipulations légales s’énonçaient en un certain nombre degrammes d’argent ou d’or.

II en serait de cela comme de la dénomination de pistole, pour désigne!'une somme de dix francs, que les seigneurs de la cour de Louis XIV etleurs imitateurs firent passer dans le beau langage, sans doute pour fairecroire qu’ils ne traitaient que par grosses sommes et sans y mettre uneminutieuse exactitude. On ne pariait, on ne jouait que des pistoles ; unbeau cheval, un diamant, un cadeau, n’étaient jamais évalués qu’en pis-toles; on aurait cru se confondre avec les gens de loi, de finance ou decommerce, si l'on eût compté comme eux. Mais une dénomination quin’était pas adoptée dans les lois ne pouvait amener la détérioration despièces qui étaient stipulées dans les actes.

Nous avons vu qu’un avantage essentiel des monnaies, et sans lequelelles ne seraient pas propres à devenir un instrument des échanges, est lafaculté qu’elles ont de pouvoir proportionner exactement la quantité qu’onen donne à la valeur de l’objet qu’on achète. Si, lorsque je veux fairel’acquisition d’un objet qui vaut 6 fr. 75 c., je ne pouvais donner une cer-taine quantité de pièces qui fissent ensemble 6 fr. 75 c., il faudrait que jedonnasse plus ou que le vendeur reçût moins que l’objet ne vaut ; il fau-drait donc, pour l’excédant, donner quelque autre chose qui fit compen -sation ; ce qui replongerait jusqu’à un certain point la société dans lesinconvénients des échanges en nature.

Suivant l’état de la société, suivant le nombre et la valeur des chosesqu’elle vend et achète le plus'communément, elle a besoin d’une plus oumoins grande quantité de coupures, de fractions des grosses pièces. Il estde l’intérêt des fabricants, comme des consommateurs de monnaie, de nefournir au public, ni trop, ni trop peu de ces coupures. Si l’on jetait dansla circulation plus de pièces de 50 centimes qu’elle n’en réclame, les par-ticuliers perdraient du temps à les compter, et le fabricant se chargeraitd’une façon plus chère pour une marchandise qui n’en aurait pas plus devaleur ; car dix pièces de 50 centimes réclament dix coups de balancier,tandis qu’uue pièce de 5 francs n’en réclame qu’un.

Les gouvernements qui veulent être justes et respecter les propriétés,