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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE XII.

l’or et l’argent un peu moins cher en Europe, sans que les producteurs deces métaux en éprouvent aucun découragement; car des droits moins éle-vés favorisent à la fois la production et la consommation.

Quand le gouvernement ne frappe des monnaies qu’au moment où leurvaleur est assez élevée pour procurer à sa manufacture un bon bénéfice,il doit peu s’inquiéter de l’exportation des monnaies ; il doit même la fa-voriser; car elle lui permet de renouvelersesprofitssansen tarir la source.Dans quels cas ces profils se soutiennent-ils? Lorsque, malgré une fabri-cation constante, la valeur des monnaies reste supérieure à celle du lingot.Or, une marchandise qui s’use peu et qu’on fabrique constamment, baissede prix si elle ne peut pas s’exporter.

C’est une erreur de croire qu’une pièce de monnaie qui est transportéedans un autre pays perd toute la valeur que lui confère la façon et nepasse plus que pour son poids, pour sa valeur intrinsèque. Les piècesétrangères, surtout dans les États qui n’ont point d’ateliers monétaires,sont recherchées pour servir d'intermédiaires aux échanges, lorsqu’onpeut avoir confiance dans leur poids et dans leur titre ; cette demandeélève quelque peu leur valeur par-dessus le prix du métal qu’elles con-tiennent, et on perdrait à les fondre, à les changer en un lingot du mêmepoids et du même titre. Les piastres de l’Amérique ci-devant espagnole cir-culent et remplissent l’office de monnaie, non-seulement dans toute l’Amé-rique, mais dans plusieurs États de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique.

Les écus de France de 5 francs circulent dans une moitié de l’Europe,parce qu’ils sont une monnaie fidèlement fabriquée et commode. Des voya-geurs m’ont assuré même qu’au Bengale, à la Cochinchine, à Canton, ilsvalent plus qu’un pareil lingot d’argent. Je n’en suis nullement surpris.Cette confiance tient d’abord au système décimal, qui présente une baseinvariable pour le titre et pour le poids; et ensuite aux lois monétaires,qui ne peuvent pas en France être modifiées sans une discussion solen-nelle et publique. Un gouvernement représentatif ne peut pas fabriquerde la fausse monnaie comme un monarque absolu. Quand le prince jouitd’une grande réputation de vertu, il peut obtenir pour sa monnaie unepartie des mêmes avantages. La monnaie d’or de saint Louis, qu’on appe-

preneurs de mines ayant plusieurs co-intéressés, sont obligés de tenir des re-gistres très exacts des quantités sorties de leurs entreprises, et ces registrespourraient servir de base à l’impôt.