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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIII.
ment au directeur le local et les gros ustensiles ; et, sans se réserver au-cune part aux profils, il demeure chargé de l’intérêt des capitaux et dutraitement des administrateurs, commissaires et autres agents qui veillentà ce que la fabrication soit régulière et conforme aux lois. Son intérêtserait de faire lui-même le profit que font les directeurs des monnaies, etde réduire le nombre des hôtels des monnaies pour faire monter la va-leur des pièces à un taux qui l’indemnisât tout au moins de ses frais.
Les Anglais, mieux avisés que nous sur ce point, n’ont pour toutes lespossessions britanniques qu’un seul atelier monétaire, qui esta Londres.11 est vrai que leur système de fabrication est sujet à d’autres abus, commes’il fallait que les nations qui pourraient s’affliger de leurs propres sottisestrouvassent toujours des motifs de consolation dans les sottises des autrespeuples.
CHAPITRE XIII.
Des tentatives qu’on a faites pour avoir une mesure des valeurs.
De tout ce que nous avons appris sur les valeurs, messieurs, il résultequ’un échange consommé, ou tout au moins possible, est le seul moyenque nous ayons de nous assurer de la valeur d’une chose. On achète unemarchandise au moyen d’une autre ; mais pour que nous sachions quelleest la valeur de la première, il faut que nous connaissions la valeur de laseconde. Dès lors, la quantité qu’on est obligé de donner de celle-ci nousapprend quelle est la valeur de l’autre.
Mais si l’échange ou la possibilité de l’échange ont lieu loin de nous,dans les temps anciens, dans les pays lointains, comment saurons-nousla valeur de la chose dont la plus ou moins grande quantité est pour nousla mesure d’une autre valeur? Quand nous voyons donner une valeur dedix francs pour acheter un objet, nous savons quelle est la valeur de cetobjet, parce que nous savons quelle est aujourd’hui chez nous la valeur dedix francs ; mais si l’argent qui est dans cette somme ne vaut plus, à beau-coup près, ce qu’il valait il y a trois siècles, il ne nous donnera pas uneidée exacte de la valeur que celte somme achetait alors.
Pour que nous pussions en avoir une juste idée, il faudrait que la mar-chandise qui nous sert à en évaluer une autre n’eùt pas elle-même variédans sa valeur depuis cette autre époque jusqu’à nous. Alors sa valeur ac-tuelle, que nous connaissons, nous donnerait une idée exacte de la valeur