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Tome I.
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TENTATIVES UE MESURE 1>0ÜR LES VALEURS.

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qu'avait alors la même marchandise, et, par conséquent, de la valeur de lachose que l’on pouvait acheter par son moyen.

Mais quelle est celte marchandise immuable dans sa valeur, conditionessentielle pour qu’elle puisse servir de mesure? Nous avons déjà vu qu’iln’y en a point, qu’il ne peut pas y en avoir. Quelle est au moins celle donton peut supposer que le prix a le moins varié d’un siècle à l’autre ? Nousavons vu que ce ne sont pas les métaux précieux. Adam Smith croit quec’est le travail humain. Écoutons-le.

« Deux quantités de travail, dit-il, quel que soit le temps, quel que soit« le lieu, sont d’égale valeur pour celui qui travaille. Dans l’état ordinaire« de sa santé et de son courage, de son aptitude et de sa dextérité, l’a-« vanee qu’il fait, dans les deux cas, de sa peine, doit être pour lui la<( même. Le prix qu’il paie est donc le même, quelle que soit la quantité de •

« choses qu’il reçoive en retour. S’il en reçoit une plus ou moins grande« quantité, c’est la valeur de ces choses qui varie, et non la valeur du tra-« vail avec lequel il les achète. Partout, dans tous les temps, ce qu’on« n’obtient qu’avec beaucoup de peines et de travail, est cher; ce qui en« coûte peu est à bon marché. Le travail ne variant jamais dans sa valeur,

« est donc la seule mesure réelle avec laquelle la valeur de toutes les« marchandises peut en tous temps, en tous lieux, être comparée et es-« timée. »

Tel est le passage où Smith pose le plus nettement la thèse qu’il soutienten plusieurs endroits de son ouvrage. Son commentateur Garnier la dé-fend avec plus d’obstination que Smith lui-même'. « Quand un ouvrier,

« dit-il, loue ou échange son travail pour un salaire, il y a, comme dans« tout échange, deux termes, savoir, la chose offerte par l’ouvrier et la« chose offerte par le maître. La première est, par sa nature, invariable ;

« l’autre peut varier sans cesse. L’ouvrier ne peut rien ajouter à son offre ;

« son travail ne peut être ni plus ni moins que son travail. Le maître peut« ajouter à son offre autant qu’il lui plaît, selon le besoin qu’il a de ce« travail et le prix qu’il consent à y mettre. »

Il me semble que le commentaire de Garnier fait sentir le faible de l’ar-gument de Smith en le développant ; et sous ce rapport il n’est pas sansquelque utilité.

Garnier dit : La chose offerte par l'ouvrier, le travail, est invariable :

Smith, trad. de Garnier, édit, de 1822, tome V, page 125.