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TROISIÈME PARTIE.
CHAPITRE XIII.
ilne peut rien ajouter à son offre ; le maître peut y ajouter. Cela n’est pasexact : la faculté d’ajouter ou de retrancher à son offre est mutuelle.Quand un ouvrier, aulieude40 sous parjour, réduit sa demande à30 sous,il offre plus de travail qu’il n’en offrait pour le même prix; il offre quatrejournées pour six francs, au lieu d’en offrir trois.
La quantité offerte, la quantité demandée, peuvent varier relativementau travail comme par rapport à toute autre marchandise ; sa valeur échan-geable est donc une quantité variable. La même intensité de travail, lamême peine, la peine employée, par exemple, à monter cent pieds cubesd’eau à la hauteur d’un mètre, se paie évidemment dans un pays, à unecertaine époque, le double de ce qu’elle se paie dans un autre pays, à uneautre époque; et comme ce salaire double, est double quelle que soit lamatière dans laquelle s’effectue le paiement; comme on donne, quand lesjournées sont chères, une fois plus de cuivre si l’on paie en cuivre, unefois plus de blé si l’on paie en blé, une fois plus d’argent, de vin, ou d’é-toffe, que lorsque les journées sont à bon marché, on ne peut pas dire quec’est la valeur de toutes ces choses qui varie, et que c’est le prix des jour-nées qui seul reste invariable.
Adam Smith, Garnier et d’autres après eux, disent que deux quantitésde travail, quel que soit le temps, quel que soit le lieu, sont d’égale valeurpour celui qui travaille. Mais ce n’est pas de cette valeur arbitraire qu’ils’agit ; ce n’est pas elle qu’on appelle le prix du travail : c’est la valeur con-tradictoirement débattue, et fixée entre le marchand de travail ou l’ou-vrier d’un côté, et l’acheteur de travail ou le maître de l’autre. Or, cettevaleur débattue, puis reconnue, est variable de sa nature selon les temps,selon les lieux. Le travail est plus cher quand on donne plus de chosespour l’avoir; il est moins cher quand on en donne moins. L’ouvrier vendson travail à bon marché, quand il ne peut pas le vendre cher; il vit malquand il ne peut pas vivre bien ; et quand on vit mal des produits du travailqu’on fait, c’est autant parce que le travail est à bon marché relativement jaux denrées, que parce que les denrées sont chères relativement au Ira- |vail.
Comme il est cependant désirable en beaucoup de cas de connaître la
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valeur qu’a pu avoir une chose située dans d’autres temps et dans d’autres |lieux, et que nous ne pouvons la comparer à une certaine quantité d’unutre objet qui n’ait point changé dans sa valeur, puisqu’il n’en est aucunqui soit dans ce cas, ne pouvons-nous du moins la comparer à l’objet quiaura le moins changé de valeur en traversant les lieux et les âges? Nous