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Tome I.
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TENTATIVES DE MESURE POUR LES VALEURS.

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Ajoutez qu’il y a peu de différence de qualité entre froment et froment,tandis qu’il y en a beaucoup entre travail et travail, et qu’il est fort diffi-cile de caractériser cette différence ; aussi, les personnes qui ont proposéle prix du travail pour mesure des autres valeurs, se sont-elles toutes,dans la pratique, servies du prix du blé pour cet usage.

Si le blé est la denrée qui varie le moins d’une époque à l’autre, on nepeut pas dire que ce soit celle dont la valeur diffère le moins d’un lieu àl’autre. C’est une denrée lourde et encombrante relativement à sa valeur.Les frais de transport changent considérablement son prix courant. Lesmauvaises roules, les chargements, les déchargements, les lois et les eou-lurnes peu sensées, ajoutent encore des difficultés artificielles aux diffi-cultés qu’oppose la nature à l’équilibre des prix. On a vu maintes fois leblé être trois fois plus cher en Bourgogne qu’en Bretagne. Mais sans qu’ily ait toujours des disparités aussi fortes, il y en a de très considérables,qui ne sont pas accidentelles, et agissent d’une façon permanente.

On peut d’autant moins supposer que la valeur du blé soit la même dansdeux pays différents, qu’il a souvent dans l’un et dans l’autre des usagesfort divers. Aux Indes, c’est un objet de luxe, comme le riz en France, etles neuf dixièmes des Indous ne mangent jamais de froment, comme lesneuf dixièmes des Français ne mangent point habituellement de riz. Sil’on nous disait qu’au Bengale un objet, un chapeau de feutre, par exemple,vaut autant que cinq quintaux de riz, nous aurions une haute idée de savaleur ; car cinq quintaux de riz valent ici 250 francs, tandis qu’au Ben-gale ils ne valent pas 25 francs. Et d’un autre côté, si l’on parlait aux In-dous de la valeur de deux quintaux de froment pour un chapeau, ils auraientde sa valeur une idée fort supérieure à celle qu’il a réellement.

J.,a marchandise dont le prix doit le moins varier d’une contrée à l’autre,est celle dont le transport coûte le moins et qui se soustrait le plus aisé-ment aux difficultés artificielles, aux prohibitions qui naissent de la légis-lation des différents Étals ; c’est celle qui, se rendant à peu de frais auxlieux où elle est plus recherchée, permet qu’on proportionne toujours ai-sément la quantité qu’en offre le commerce avec les besoins de la popu-lation. Or, cette marchandise est évidemment l’or ; ou quand ou n’a pas defacilité pour savoir le prix des choses en or, le métal d’argent, frappé ounon en pièces de monnaie.

On aurait tort néanmoins de s’imaginer que, parce qu’il n’en coûte ja-mais plus de 4 ou 5 pour cent pour faire passer de l’or ou de l’argent d’unpays dans l’autre, leur valeur ne diffère jamais, dans les deux pays, que