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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIII.

de 4 ou 8 pour cent. Cet agio ne nous donne que la différence de valeurde l’argent avec lui-même dans ces pays-là, mais ne nous fait pas con-naître la quantité de toute autre chose que Ton peut y acheter avec del’argent. Or, c’est cette dernière quantité qui constitue la véritable valeurde l’argent. Si j’envoie de l’argent à Londres, et que je paie de transport5 francs pour cent francs, je sais fort bien que mon argent à Londres merevient à 5 pour cent de plus que celui qui est à Paris, mais j’ignore com-bien les 100 francs qui sont à Londres ont en outre perdu en raison de lamoindre quantité de blé, d’étoffes, etc., qu’ils peuvent acheter dans cepays-là '. Néanmoins, comme par le motif assigné les frais de productiondes métaux précieux diffèrent peu d’un pays à l’autre, et que leurs usagesdans les divers pays, soit comme ustensiles, soit comme monnaie, sont àpeu près les mêmes, et les font rechercher au même degré, je ne connaisaucune autre marchandise qui leur soit préférable pour évaluer les chosesdont nous sommes séparés par de grandes distances.

On ne risque donc pas de s’éloigner beaucoup de la vérité, lorsqu’il estquestion, dans les voyageurs, de roubles en Russie, de bourses chez lesTurcs, ou de roupies dans l’Inde, en réduisant ces sommes en or ou enargent fin, et en évaluant cette quantité d’or ou d’argent en notre mon-naie au cours.

Mais si vous lisez un livre d’histoire, et qu’on y fasse mention de talentsgrecs ou de sesterces romains, sachez, si vous le pouvez, ce qu’il étaitpossible d’acheter de blé pour cette somme ; et une fois que vous avez savaleur en blé, voyez ce que cette quantité, de blé peut valoir en tempsordinaire dans notre monnaie. Je ne crois pas que vous puissiez acquérirune idée plus approchée de la valeur de la somme ancienne. Nous cher-cherons à faire quelques évaluations de ce genre par cette méthode ; maisnous avons besoin auparavant de rechercher quelle quantité d’or ou d’ar-gent une même quantité de blé pouvait procurer à diverses époques.

' Rigoureusement parlant, pour que la valeur des métaux précieux nedifférât jamais que de 5 pour cent d’un lieu à l’autre, il faudrait que tous lesobjets qu’ils achètent ne différassent eux-mêmes, dans leur valeur, que de5 pour cent d’un lieu à l’autre.