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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE XV.
conséquemment 2 millions de modius devaient peser 28 millions de livrespoids de marc, qui équivalent à 175,000 hectolitres, et qui, au prix moyende 19 francs l’hectolitre, valent aujourd’hui autant que 3,325,000 francs.
Telle fut donc approximativement la valeur de la perle de Servilie ; etnos deux traducteurs de Suétone, La Harpe etLéyêque, l’évaluent très im-parfaitement quand ils l’estiment 1,200 mille francs de notre monnaie. Aureste, je ne prétends pas me rendre garant de la valeur du présent que filCésar à Servilie. Le spoliateur du monde pouvait faire un don magnifiqueà une dame dont jl avait les bonnes grâces ; mais, outre qu’on met souventun peu d’exagération à ces sortes de choses, un objet excessivement rarea toujours une valeur fort arbitraire; et vous savez, d’un autre côté, quenous ne pouvons pas nous fier entièrement à l’exactitude des copistes quinous ont transmis les écrits, et surtout les nombres, des anciens. Cesnombres s’écrivaient avec des lettres et des abréviations qui ne pouvaientêtre parfaitement comprises que des lecteurs du temps. Un signe, un traitau-dessus du nombre, en augmentait la valeur dans la proportion d’un amille ; de sorte qu’une distraction d’un copiste, qui les transcrivait quel-quefois plusieurs siècles plus tard, les dénaturait lout-à-fail.
L’erreur des traducteurs et des commentateurs modernes vient de cequ’ils évaluent la somme en métal d’argent, au lieu de l’évaluer en blé, etne tiennent point compte de la dégradation survenue dans la valeur del’argent par suite de la découverte de l’Amérique. Par là ils diminuentbeaucoup, sans le vouloir, les profusions des mauvais empereurs. On ditque Caligula absorba, en moins d’un an, les trésors amassés par Tibère,qui se montaient à 2 milliards 700 millions de sesterces qui, d’après lesévaluations précédentes, représentent une valeur de près de d ,500 millionsde francs, environ trois fois l’évaluation de La Harpe. On ne voit pas trop eneffet comment Caligula aurait pu exécuter à moins ses dispendieuses folies.
Dacier, traducteur d’Horace, donne une évaluation encore plus impar-faite et qui forme un véritable contre-sens. Le poète-philosophe, dans sonépîlre II du livre II, parle d’une terre considérable (le sens exige qu’ellele soit) et qu’il porte à la valeur de 300 mille sesterces. Suivant notre mé-thode, cette terre devait avoir une valeur de 166,000 francs, au moins.Dacier l’évalue seulement à 22,500 francs.
Lorsque les valeurs dont on veut avoir la réduction ne sont pas expri-mées en monnaies, mais en poids de métal, il faillies traduire en monnaiedu temps, puisque c’est en monnaie du temps que nous avons l’évaluationdu blé. César, usurpateur de l'autorité du sénat et du peuple romain, mij.