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Tome I.
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ÉVALUATION DES SOMMES UISTOMQUÉS.

il!

la main sur le trésor public malgré le tribun Mételius qui en avait la garde,cl qui, par sa courageuse résistance, a placé son nom dans l’histoire. Césary trouva, dit-on, 4,130 livres pesant d’or, et 80,000 livres d’argent. Vcrtot,on ne sait sur quelle base, évalue cette capture à 2,911,100 livres tour-nois. Elle fut bien plus considérable, et ce n’est pas pour si peu que ledestructeur de la liberté transgressa les lois. Cependant l’évaluation exactedu sesterce en argent n’est pas sans quelque difficulté, à cause des varia-tions que les Romains introduisirent dans leurs monnaies. Mais, dans unautre passage du même Suétone, on voit que César fit vendre en Italie,contre de l’argent monnayé, des lingots d’or, fruit de ses rapines dans lesCaules, et qu’on les vendit sur le pied de 3,000 sesterces par livre d’or.

En admettant que tel fût le prix courant de l’or à Rome, les 4,130 livresd’or devaient valoir 12,390,000 sesterces.

Quant au métal d’argent, il valait à Rome quinze fois moins que l’or; enconséquence on dut vendre chaque livre d’argent sur le pied de 200 ses-terces, et les 80,000 livres pesant du trésor de Mételius devaient valoir16 millions de sesterces, qui, ajoutés aux 12 millions 390 mille, valeur dol’or, donnent en monnaie romaine, pour la valeur totale du trésor public-ravi par César, 28,390,000 sesterces.

Maintenant, pour réduire cette somme en une valeur française, nousdirons qu’à 14 livres de blé par modius, le blé étant chez nous à 19 francsl'hectolitre, elle équivaudrait à un peu plus de 15 millions 732 mille francsde notre monnaie.

Si, d’après la même évaluation de 3 sesterces par modius de blé, nousvoulons nous former une idée de la valeur du sesterce sous les empereurs,nous trouverons qu’il valait 55 centimes ou 11 sous de notre monnaie.C’est plus d’une moitié en sus des évaluations qui onlélé faites jusqu’ici decelte monnaie romaine, et cela donne une estimation beaucoup plus rai-sonnable des sommes dont il est fait mention dans les auteurs d’une époquecélèbre.

Il y a peut-être plus d’incertitude dans l’évaluation qu’on peut faire dessommes du moyen-âge que de celle de l’antiquité, soit en raison de la di-versité et des changements fréquents des monnaies, soit en raison de l'i-gnorance où nous sommes de la capacité des mesures. Pour estimer avecapproximation une somme sous la première race des rois de France; poursavoir, par exemple, ce que valaient 400 écus d’or que le pape saint Gré-goire sut tirer du royaume des Francs dès l’année 593, il faudrait savoirce que 400 écus d’or pouvaient acheter de blé. Mais en supposant que l’on