Dl ; ,S MONNAIES DE PAPIER.
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nous a fait apercevoir que l’histoire des nations est beaucoup plus inté-ressante pour nous que l’histoire des princes, se méprend souvent surl’effet des institutions et sur l’appréciation de tout ce qui lient aux ri-chesses. II loue Louis XIV de son faste-, il ne donne que d’imparfaitesnotions sur ses dépenses, ef ne se fait aucune idée des conséquences del’impôt. Qu’est-ce donc, quand des historiens moins éclairés que Voltaire,quand Bossuet, Rollin , Fleury, Velly parlent sur des sujets analogues!Cela fait véritablement pitié.
Revenant à l’évaluation des sommes historiques, je vous dirai qu’elledevient facile dans les deux derniers siècles, parce qu’à presque toutes lesépoques de ces deux siècles, on sailcequ’une somme achetait de froment,et l’on sait en même temps ce que cette même quantité de froment se vendde nos jours. Mais il faut avoir soin de ne pas prendre, aux deux époques,un prix extraordinaire, un prix de circonstance, mais une année moyennesur dix, et encore mieux sur douze, en retranchant même du calcul l’annéede la plus grande cherté et celle de la plus grande abondance.
Nos descendants se feront de bien plus justes idées de la valeur dessommes de nos jours que nous n’en pouvons avoir des sommes anciennes.Les sommes correctement énoncées et dans plusieurs livres différents; lacapacité de nos mesures et le poids de nos monnaies, constatés avec pré-cision; les prix courants des marchandises, consignés dans les annalesdu commerce; plusieurs ouvrages de statistique et une foule d’autres do-cuments fourniront à nos neveux des données qui nous ont manqué.
CHAPITRE XVI.
Des monnaies de papier.
lusqu’à présent nous nous sommes occupés des monnaies faites avecune matière qui a quelque valeur intrinsèque. Mais l’expérience a prouvéqu’on en peut faire avec des matières qui par elles-mêmes n’on l absolumentaucune valeur, avec une feuille de papier sur laquelle l’empreinte est tracéeavec de l’encre. C’est ce que l’on a quelquefois appelé du papier-monnaie,d’après une expression anglaise ( paper-money) qui signifie monnaie depapier.
Ces feuilles, dans beaucoup de cas, portaient la promesse faite, par ungouvernement ou par une compagnie, de payer au porteur une certaine