DES MONNAIES I)E PAPIER.
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(chose remarquable) après que cette valeur est tombée de 30 pour cent,on l’a vue se relever, bien avant qu’ils pussent être remboursés.
Puisqu’ils ne conféraient à leur possesseur aucun droit à aucune valeurréelle; puisque néanmoins on consentait librement à donner pour les avoirdes produits précieux, ils avaient donc en eux-mêmes une valeur propre,tout-à-fait indépendante d’un remboursement sur lequel on ne comptait pas?Mais d’où pouvait leur venir celte valeur propre? La question est délicate etcurieuse, et les évènements qui se sont passés en Angleterre depuis le com-mencement de ce siècle ont mis les publicistes en étal de la résoudre.
Je vous ai montré, messieurs, que la valeur monétaire dont un paysquelconque a besoin est déterminée par l’importance des échanges qu’onest appelé à y consommer, et que, quel que soit le nombre des unitésmonétaires, toutes ensemble égalent, et ne surpassent pas, la valeurmonétaire dont le pays a besoin, tellement qu’à mesure qu’on les multi-plie, chaque unité vaut un peu moins. C’est là ce qui constitue la dépré-ciation, ou dégradation de prix. Dans la monnaie métallique, cette dépré-ciation, en raison de la faculté qu’on a de changer, par la fonte, un écu enun lingot de même poids et de même finesse, ne peut aller au point quel’écu vaille moins que le lingot ; car, dans ce cas, la fonte a lieu jusqu’à ceque les écus, parla réduction de leur nombre, aient augmenté de valeurjusqu’à valoir autant ou plus qu’un lingot de même poids. Nous avons vuque c’est ainsi que l’argent-lingot, par sa valeur propre, soutient la valeurde Fargent-monnaie.
Le même remède n’étant pas applicable au papier-monnaie, lorsqu’onen multiplie les unités par-delà les besoins de la circulation, il subit toutela dégradation que peut causer la multiplication des unités monétaires.
On savait cela ; mais comme on ne s’était pas avisé jusqu’à notre époquede réduire la quantité émise d’un papier-monnaie, on n’avait pas l’expé-rience d’une monnaie de papier qui eût repris sa valeur par la réductionde sa quantité.
Or, voici ce qui est arrivé dans la Grande-Bretagne.
Le gouvernement anglais, dans les premières années de la guerre quePitt suscita à la France, fit payer à la banque d'Angleterre la prolongationde son privilège, en obligeant cette compagnie à lui faire des prêts con-sidérables. La banque prêta d’abord son capital fourni par ses action-naires. Il n’y avait là-dedans aucun inconvénient, si ce n’est pour les ac-tionnaires qui risquaient leur capital ; mais chacun est libre de hasarderson bien. Les besoins du gouvernement anglais allant en croissant, il exigea