DES MONNAIES DE PAPIER.
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quitter leurs propres engagements avec des billets de banque qui devinrentdès lors une monnaie depapier. Pin se conduisit dans celle occasion commeavait fait le ministre Calonne, qui, dix ans auparavant, pour subvenir auxprofusions de la cour plutôt que de s’y opposer, avait forcé la caisse d’es-compte de Paris à lui prêter ses billets au porteur, et l’avait ensuite auto-risée à ne pas les payer.
Et comme il est facile de battre monnaie quand la matière première necoûte rien, Pitt, qui selon l’expression de David Ricardo' dirigeait labanque plus que les directeurs eux-mêmes, multiplia des billets qui, nepouvant plus être remboursés, augmentèrent nominalement la somme desmonnaies, dont chaque fraction perdit de sa valeur en proportion; car,ainsi que je l’ai démontré en exposant le fondement de la valeur des mon-naies, si l’Angleterre a besoin d’un instrument de la circulation égal envaleur à 30 millions de livres sterling en or, et si l’on jette dans la circu-lation 40 millions d’unités monétaires, les 40 millions n’en vaudront encoreque 30, c’est-à-dire perdront un quart de leur valeur primitive. Les suc-cesseurs de Pitt, qui suivirent trop fidèlement scs traces, puisèrent à lamême source, jusqu’à ce que chaque livre sterling en papier ne valût plus.que les trois quarts de sa valeur première et même moins. Une livre ster-ling achetée à Paris, c’est-à-dire des lettres de change sur Londres, se sontpayées aussi peu que 46 francs 50 centimes par chaque livre sterling, aulieu de 25 francs.
L’or et l’argent-lingot en Angleterre et toutes les autres denrées avaientaugmenté de prix, non pas effectivement, mais nominalement; car toutse payait en papier, et une livre sterling de papier ne valait plus autantqu’une livre sterling d’or. Une once d’argent qui, avant la suspension despaiements de la banque en espèces, se payait 5 shillings 2 derniers ster-ling, coûta, en 1815,7 shillings 4 deniers. Le blé, qui s’était vendu moyen-nement, de 1789 à 1798, 54 shillings 11 deniers sterling, fut payé, de 1805à 1812, 97 shillings6 deniers, prix moyen * 2 .
’ The high price of Bullion, page 35.
2 On demandera pourquoi la monnaie de papier ayant été triplée, soit par lesbillets de la banque d’Angleterre, soit par ceux des banques de province, la va-leur de la livre sterling ne tomba pas au tiers de ce qu’elle était auparavant. Ilfaut considérer que l’or qui sortit de la circulation diminua la somme des mon-naies en même temps que les billets de la banque d’Angleterre et des banquesde province augmentaient cette somme. Il est vraisemblable aussi que les déve-
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