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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVI.
Les dépenses publiques ayant augmenté par cette cause-là indépen-damment de toutes les autres, il fallut multiplier les emprunts et aug-menter les contributions publiques; mais on se garda bien d’augmenterles rentes des anciens rentiers de l’État ; et l’on se mit par là en état debanqueroute à leur égard, puisqu’on leur payait les intérêts de leursprêts en une monnaie qui valait un tiers de moins que celle qu’ils avaientprêtée'.
Effrayés du résultat, le gouvernement anglais et les deux chambresfirent, en 1810, une enquête pour remonter aux causes de la dépréciationde la monnaie de papier et pour y remédier. Plusieurs écrivains très ca-pables s’exercèrent sur ce sujet; mais la même vanité qui avait toujoursfait nier que le non-remboursement des billets de la banque d'Angleterrefût une banqueroute et que ces billets fussent un papier-monnaie, fit dé-créter par les deux chambres que ce papier-monnaie n’avait subi aucunedépréciation ; c’est-à-dire, fit décréter qu’avec une livre sterling en papieron achetait la même quantité de chaque chose qu’avec une livre sterling enor ; ce que tout le monde savait être faux. La législation anglaise reposebeaucoup trop sur des fictions ; mauvais moyen quand le siècle s’éclaire.
Le parlement aurait pu décréter que la dépréciation ne venait pas dudiscrédit, et la thèse était soutenable, quoiqu’elle ne fût peut-être pasbonne; car la dépréciation est un fait dont le discrédit peut être ou n’êtrepas la cause. Un papier-monnaie peut perdre de son prix, quoique l’on aitencore confiance aux promesses qu’il énonce. Les écus eux-mêmes per-draient de leur valeur si l’on en fabriquait trop, et néanmoins ils n’éprou-veraient aucun discrédit 5 .
loppements que prit l’industrie anglaise à la même époque augmentèrent lesbesoins qu’on avait de monnaie, quelle qu’en fût la matière.
’ M. Robert Mushet a calculé avec précision la perte que cette banqueroutea occasionnée aux anciens créanciers de l’État. Elle n’est pas moindre de 53 mil-lions 67,242 livres sterling (au-delà de 1 milliard 300 millions de francs). VoyezA Sériés of tables exhibiling lhe gain and loss lo lhe fund holder, arising fromlhe fluctuation in lhe value of the currency, by R. Mushet, esquive, 1821.
2 Quelques publicistes, notamment M. W. Rlake ( Observations on lhe effeclsproduced by the expendilure of government) , ont attribué la dépréciation desbillets de banque à d’autres causes qu’à sa surabondance. Sans entrer avec euxdans aucune controverse à ce sujet, comme ils ne nient pas que la surabondancedes billets entraîne une dépréciation quelconque, je les prie d'admettre ce que