DES MONNAIES DE PAPIER.
Peu d’années et les progrès de l’économie politique suffirent pouréclairer la nation anglaise. On convint généralement que la monnaie nevalait plus autant qu’avant la suspension ; et pour éviter une dépréciationplus grande, ou seulement l’incertitude que l’on pouvait concevoir sur lastabilité des monnaies, on voulut revenir à la monnaie métallique. Deuxmoyens se présentaient pour y parvenir.
Le premier consistait à faire une livre sterling d’argent ou d’or de lamême valeur que celle où la livre sterling de papier était tombée.
En 1814, une livre sterling de papier pouvait acheter 108 grains d’orfm, au lieu de 148 grains contenus dans l’ancienne livre sterling d’or. Enfabricant des livres sterling d’or et en leur donnant un poids de 108 grains,on mettait au pair l’or avec le papier.
L’inconvénient était qu’on aurait payé aux anciens créanciers de l’Étatles intérêts de leur prêt avec une monnaie de 108 grains d’or, tandis qu’ilsavaient prêté une monnaie dont chaque unité contenait 148 grains. C’étaitune banqueroute partielle ; mais elle était déjà faite, et les anciens créan-ciers de l’État, pour qui elle était arrivée graduellement, en avaient prisleur parti.
L’a\antage était de décharger la nation d’une partie de son énormedette, et surtout de ne pas payer aux nouveaux créanciers de l’État, à ceuxqui avaientprêté depuis la dépréciation, l’intérêt de leur prêt en une momnaie plus précieuse que celle qu’ils avaient prêtée. Les engagements con-tractés durant une longue et graduelle dépréciation, et surtout les enga-gements des fermiers envers leurs propriétaires, avaient été stipulés enconséquence de la dégradation survenue dans la valeur de la monnaie. Leprix de tous les produits, et surtout celui dn blé, s’étaient accommodésà celte nouvelle valeur de l’unité monétaire; il n’y avait plus à craindred’autres fluctuations que celles qui pouvaient résulter des circonstancesordinaires; mais du reste nul bouleversement de fortune.
L’autre moyen de donner la même valeur à la livre sterling de papieret à celle d’or, consistait à réduire le nombre des livres sterling de papier,jusqu’à ce que leur valeur fût remontée au pair de l’ancienne livre ster-ling, et que chaque livre sterling de papier pût acheter 148 grains d’orpur, c’est-à-dire, la quantité d’or nécessaire pour fabriquer une livre ster-ling suivant l’ancien tarif. C’est ce dernier parti que l’on prit.
je dis ici jusqu’au point, tout au moins, où ils croient que la surabondance agitsur la valeur.