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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE XVI.

La paix avait beaucoup réduit les dépenses de l'administration , quin’eut plus besoin dès lors d’obtenir de nouvelles émissions de la banqued’Angleterre. En même temps, le gouvernement contraignit celle-ci à re-tirer beaucoup de ses billets en se faisant payer le montant de scs lettresde change en portefeuille et en réduisant la somme de ses escomptes. De nou-veaux rapports avec le continent de l’Europe augmentèrent en Angleterrele besoin que l’on avait de l’instrument des échanges; enfin la valeur dela livre sterling de papier remonta au niveau de celle de la livre sterlingd’or frappée selon l’ancien tarif. Mais ce n’a pas été sans de douloureuxinconvénients.

La dette publique a été augmentée, puisqu’on en a payé les intérêts enune monnaie plus précieuse. Les fermiers qui s’étaient engagés à acquitterleurs fermages en livres sterling valant 108 grains d’or, ont été obligés deles acquitter en livres sterling valant 148 grains ; et les baux sont à longstermes en Angleterre'. En même temps que les fermages grossissaient,le prix des denrées baissait. Les fermiers payaient plus cher leur loyer etvendaient moins cher leurs produits.

Les impôts qui sont stipulés en unités monétaires, sans égard à la valeurde ces unités, se sont trouvés augmentés d’un tiers quand la valeur de lamonnaie s’est accrue d’un tiers. C’est sur ce pied que le peuple a dû payerla liste civile, les gros traitements des fonctionnaires, les pensions, lessinécures, et tous les abus que le dernier quart de siècle a vus se multi-plier plus que tout autre laps de temps de même durée.

Faut-il être surpris de la gêne et du malaise extraordinaire que la nationanglaise a éprouvés dans les années qui ont suivi la paix de 4815? Lesclasses privilégiées, les fonctionnaires, les pensionnaires de l’État, le clergéet les rentiers, ont profité de cette réintégration de la valeur du papier-monnaie ; mais elle a été un fléau pour la masse de la nation et pour l’in-dustrie; fléau qu’une nation si riche en capitaux, si judicieusement ad-ministrée d’ailleurs et si admirablement industrieuse, pouvait seule sup-porter.

Je me suis laissé entraîner dans ces détails historiques, parce qu’ils jet-tent un grand jour sur la matière des monnaies. Les exemples frappenttoujpurs plus que les raisonnements.

' Beaucoup de propriétaires équitables ont consenti à des diminutions de fer-mages,