DES MONNAIES DE PAPIER.
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Un papier-monnaie a cet avantage sur les métaux précieux, c’est qu’ilsert aux échanges tout aussi bien, et que c’est un instrument beaucoupmoins dispendieux; tellement qu’une nation qui fait usage d’un papier-monnaie peut employer toute la valeur des métaux que réclameraient scsmonnaies à d’autres usages, et n’en jouit pas moins d’un excellent inter-médiaire dans toutes ses transactions, sauf peut-être les plus petites. Lesmétaux dont elle n’aurait pas besoin pour ses échanges servent alors, soitcomme ustensiles, soit plutôt comme objets d’exportation, et forment uneaddition à scs capitaux productifs. C’est un avantage que nous apprécie-rons avec plus de soin lorsque nous étudierons les signes représentatifs dela monnaie et ses autres suppléments.
Cette considération a porté un économiste célèbre, membre du Parle-ment d’Angleterre, David Ricardo, à proposer l’usage d’un papier-monnaiedont la circulation serait volontaire, qui néanmoins circulerait nécessai-rement, et dont la valeur ne pourrait pas se dégrader au-dessous de cellede l’argent. Pour parvenir à ce triple but, il a proposé de faire un papierremboursable, au gré du porteur, non en argent monnayé, mais eu lingotsd’argent. L’incommodité de celte marchandise qu’on ne pourrait placersans toutes les opérations qui accompagnent la livraison du métal d’argent,permettrait à peine à quelques porteurs de billets de les réaliser ; leur va-leur ne pourrait pas tomber au-dessous de la valeur du lingot, car du mo-ment qu’ils tomberaient au-dessous du lingot, le public irait les réaliser;enfin le gouvernement ne pourrait pas en verser dans la circulation unequantité supérieure aux besoins de la circulation, car ce qui excéderaitces besoins reviendrait se convertir en lingots '.
On saurait exactement, au moyen d’une semblable monnaie, quelle estla valeur monétaire dont un pays a besoin à chaque époque. Mais pourqu’clle atteignît son but, il fondrait que l’administration des monnaies qui(.'mettrait des billets remboursables en lingots d’argent, cessât de fabri-quer des monnaies métalliques et conservât en caisse une quantité de lin-gots suffisante pour suffire aux premiers remboursements, qui seraienttoujours bornés par le besoin qu’éprouverait le public d’un intermédiairede la circulation. On sent que pour avoir ces garanties, il faudrait que l’ad-ministration des monnaies eût pour controleurs des délégués d’un corpsreprésentatif absolument indépendant, qui auraient soin que les comptesfussent fidèles et livrés au public.
Ricardo, Proposais for an economical and securc currcncij, London, lffifi.