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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVI.

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' termine celle de chaque unité monétaire. Quand la monnaie est composée1 de métaux précieux, les fabricants de monnaie sont intéressés à ne pas1 la multiplier au point que chaque pièce vaille moins que la matière dont elle, est composée. Quand on fait de la monnaie de papier, la valeur de chaqueunité monétaire peut diminuer indéfiniment, soit par la multiplicationdésordonnée des unités, soit par les suppléments qu’on leur substitue.

Rappelez-vous ces principes, messieurs, et vous aurez la clef de toutesles variations passées et futures des monnaies, de quelque pays que cesoit

I Les principes lumineux développés dans ce chapitre montrent commentune monnaie de papier, lorsqu’elle a remplacé une monnaie effective, peut avoir,en sa qualité d’agent des échanges, une valeur basée sur le plus ou moins grandbesoin qu’on a d’un semblable agent, cl sur la plus ou moins grande quantitéd’unités émises de cette monnaie. Néanmoins, on peut continuer à regarder toutpapier-monnaie comme un signe représentatif des valeurs et non pas comme unevéritable marchandise ayant par elle-même une valeur intrinsèque, ainsi quecela est le cas lorsqu’il s’agit des monnaies d’or ou d’argent.

II n’y a point eu en effet jusqu’à présent de papier-monnaie qui n’ait portérengagement, de la part d’un gouvernement ou d’une compagnie particulière,d’un paiement en numéraire, ce qui emportait l’idée d’un métal précieux. Lamonnaie de papier en Angleterre n’était autre chose que des billets payables auporteur souscrits par la compagnie commerciale connue sous le nom d c Banqued’Angleterre. Celte banque était restée débitrice directe envers les porteurs debillets; mais son capital ayant été emprunté et dépensé par un gouvernementhors d’état de rendre ce qu’il avait reçu, les billets représentaient par le fait unefraction de la créance sur l’État. Les mêmes circonstances se sont présentéespour les billets de la banque de Rio de Janeiro, au Brésil. Le rouble de papieren Russie est appelé assignation de banque. Enfin les billets de la banque deLaw, les assignats de la république française représentaient les immeubles quiétaient, ou devaient être, hypothéqués à leur garantie.

Ainsi, tous les papiers-monnaie qui ont existé, ont toujours été la représen-tation d’un capital retiré de la circulation par les emprunts forcés des gouver-nements; c’étaient, en quelque sorte, des litres d’emprunts partagés en petitescoupures, et mobilisés à l’extrême (si l’on peut s’exprimer ainsi) par l’interdic-tion imposée à tout créancier de refuser une semblable délégation en paiementde ce qui était du par les gouvernements ou par les particuliers. La monnaie depapier proposée par Ricardo aurait été la représentation des lingots contre les-quels elle aurait pu s’échanger à la volonté des porteurs. Ce qui concerne les