TROISIÈME PARTIE.
CHAPITRE XVU.
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daut il y a cette différence essentielle entre la monnaie et le signe, quecelui-ci donne au porteur un droit de se faire délivrer une somme; tandisque la monnaie ne donue pas à celui qui la possède le droit de se fairedélivrer aucune marchandise au moyen de sa monnaie ; nul marchandn’est contraint de lui vendre; il ne peut acquérir une marchandise qu’envertu d’un marché fait, d’un échange librement consenti.
On dit que la monnaie, non plus qu’un signe représentatif, ne peutelle-même servir à aucune consommation ; mais c’est une espèce de con-sommation , d’emploi que l’on fait de la monnaie, que de la faire servird’intermédiaire dans les échanges. Cet emploi l’altère peu, j’en conviens;mais l’usage que nous faisons d’une voilure de place l’altère peu égale-ment ; cependant nous la consommons jusqu’à un certain point.
Il y a néanmoins une observation importante à faire relativement aux,signes représentatifs des monnaies. C’est qu’ils sont capables de rendreun service exactement pareil au service que peuvent rendre les monnaiesqu’ils représentent. Si quelqu’un souscrivait un engagement par lequel ils’obligerait à livrer, à une époque désignée, un manteau fait de telle outelle façon, cette promesse, quoiqu’elle fût en quelque sorte un signe, ungage de la possession du manteau, ne saurait en tenir lieu ; car une feuillede papier ne garantit pas du froid, comme fait un manteau ; tandis queles signes qui représentent la monnaie peuvent la remplacer complète-ment et rendre tous les services que l’on peut attendre d’elle. Eu effet, lesqualités qui font qu’un sac d’argent nous sert dans nos échanges peuventtoutes se trouver dans un billet. Ces qualités, vous vous le rappelez,consistent -.
D’abord dans la valeur qu’il a. On peut donnera un billet exactementla même valeur qu’à une somme d’argent, en donnant au porteur le droitde toucher la somme, de manière à lui ôter toute inquiétude sur ce rem-boursement ; c’est ainsi qu’un billet de banque peut circuler dix ans enconservant une valeur de mille francs sans qu’il soit remboursé, seulementparce qu’on est convaincu qu’il le sera du moment que le porteur le voudra.
Une autre qualité de la monnaie est de pouvoir être donnée en tellequantité qu’on veut, de manière à se proportionner exactement à la quan-tité de ce que l’on veut acquérir. Ainsi peut un billet que Ton est libre defaire de telle somme que Ton veut’.
1 Un billet de banque de mille francs ne peut pas se proportionner à des va-leurs qui n’atteignent pas à la valeur de mille francs. Aussi ne servent-ils guère