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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE XVIil.

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De là deux circonstances qui altèrent la valeur d’un billet : l’une, Tinccr-lilude de son paiement, qui peut être représentée par une prime d’assu-rance que l’acquéreur du billet paie en moins lorsqu’il en fait l’acquisition ;l’autre, le délai qui résulte de son échéance que le même acquéreur re-lient ordinairement sous le nom d’escompte. La méfiance que peut inspirerla solidité du billet se déguise souvent et se confond avec l’escompte. Unbillet dont le paiement est moins assuré n’est reçu que moyennant la dé-duction d’un plus gros escompte. Souvent il n’est question ni d’escompte,ni de garantie ; mais ces mêmes valeurs se retrouvent dans le prix auquels’établit la marchandise que l’on vend. Ainsi, quand un négociant ou unmanufacturier vendent à un marchand en boutique les produits de leurcommerce ou de leur fabrique, et reçoivent en paiement les billets dumarchand, ils les reçoivent bien comme de l’argent; mais ils lui vendentleur marchandise plus cher qu’ils ne feraient s’ils devaient être payéscomptant. La garantie, l’escompte, se trouvent confondus dans le prix, etsont débattus en même temps que la valeur réciproque des marchandisesd'une part, et du signe de l’autre.

Les billets sont à ordre ou payables au porteur. Ils sont à ordre, lors-que l’engagement que le signataire a pris de les payer porte qu’il ne lespaiera qu’à celui au profit duquel il les a souscrits, ou à la personne à quice dernier aura transmis ses droits. Vous savez que cette transmission seconstate par la signature du porteur apposée au dos du billet. On appellecela endosser un billet, ou le passer à l'ordre d’un autre possesseur. Or-dinairement, celui qui transmet un billet en garantit le paiement; desorte que plus il y a d’endosseurs à un semblable effet, et plus celui qui enest le légitime possesseur a de garantie de son remboursement.

Les billets au porteur n’ont point d’endossements. On se les transmetsans que celui qui les donne en garantisse le paiement à celui qui les re-çoit. Ils n’ont de garantie que la solidité que l’on connaît à celui ou à ceuxqui les ont souscrits. Ils inspirent en conséquence peu de confiance, quandils ue sont pas l’engagement d’une compagnie, d’une association, dont lesstatuts sont connus, et dont les capitaux présentent un gage à la confiancedu public. Pour que Ton consente à recevoir de semblables billets sur lememe pied que de l’argent comptant, il faut qu’ils soient remboursablesà vue, car autrement l’escompte et la prime d’assurance que voudraientretenir ceux à qui on les offrirait ôteraient quelque chose à leur valeur,et ils ne circuleraient pas sur le même pied que la monnaie. Mais du mo-ment qu’ils sont un engagement contracté par une compagnie dont le pu-