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Tome I.
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DES BILLETS ET DES BANQUES DE CIRCULATION. TGI

blic connaît les affaires et les ressources, et que d’ailleurs ils sont payésà bureau ouvert, ils suppléent à la monnaie cl remplacent un instrumentcoûteux, lorsque sa matière a une valeur propre, par un instrument quin’a qu’une valeur d’emprunt fondée sur la confiance.

Vous voyez là-dedans, messieurs, le principe des compagnies de com-merce qui deviennent des banques de circulation. C’est le nom que leurdonne Smith, probablement parce qu’elles émettent un papier qui sert àla circulation des valeurs ; c’est-à-dire, à faire passer les marchandisesd'une main dans une autre par des échanges. Ce n’est point là un papier-monnaie qui ne représente rien, puisqu’il ne donne droit à aucun rem-boursement'; ce sont des billets de confiance, car c’est volontairementqu’on les reçoit ; c’est en vertu de la confiance qu’on accorde aux promessesde la compagnie qui s’est obligée à les rembourser.

Les banques de circulation ont quelques avantages qu’il est bon d’ap-précier à leur juste valeur; car sur ces avantages très réels, on a souventbâti des spéculations exagérées qui ont causé la ruine d’une multitude decitoyens. Il est à désirer que l’usage qu’on peut faire des bonnes chosessoillcllemcnt connu, que chacun aperçoive aisément où commence l’abus.

Si les billets de confiance peuvent remplacer complètement la monnaiemétallique, il est évident qu’une banque de circulation augmente vérita-blement la somme des richesses nationales; car, dans ce cas, la richessemétallique devenant superflue comme agent de la circulation, et conser-vant néanmoins une valeur propre, devient une valeur disponible, et peutservir à d’autres usages. Mais comment s’opère cette substitution? Quellesen sont les bornes? Quelles classes de la société font leur profit de l’in-térêt des nouveaux fonds ajoutés aux capitaux de la nation? Voilà desquestions dont la solution intéresse les nations et les particuliers.

A mesure qu’une banque met ses billets dans la circulation, et que lepublic consent à les recevoir sur le même pied que la monnaie métallique,le nombre des unités monétaires augmente, et cette augmentation en faitnécessairement baisser la valeur. Cet effet est inévitable, et nous en avons

1 Ceux qui créèrent les assignats (le France, en 1790, prétendirent bien leurdonner un gage en les admettant en paiement des domaines nationaux. Maiscomme ils les déprécièrent en les multipliant, et qu’il fallait par suite en donnerune somme illimitée en paiement des biens nationaux qu’on achetait, ils n’a-vaient en réalité point de gage déterminé.