Band 
Tome I.
Seite
463
JPEG-Download
 

DES BILLETS ET DES BANQUES DE CIRCULATION.

RI 3

cette compagnie comme empruntant des monnaies métalliques à tous ceuxqui veulent bien recevoir en place un signe représentatif qui leur serviratout autant. Mais comment cet emprunt est-il accompli? Au profit de quise fait-il ? C’est ce que nous allons examiner.

La compagnie de la banque ne va pas chez un négociant pour lui dire :Vous avez de l'argent dans votre caisse : donnez-le-moi, et prenez en saplace mes billets. Mais elle lui dit : Fous avez un effet de commerce quin'est pas échu ; je l’escompterai ; je retiendrai un intérêt pour le temps quis'écoulera jusqu'à son échéance, et, en place de votre effet, vous aurez mesbillets au porteur qui valent de l’argent comptant.

Le négociant souscrit à ce marché qui équivaut à une opération parlaquelle il recevrait de la banque des écus, et les lui prêterait sur-le-champ sans intérêt, parce qu’il peut se servir des billets de banque commesi c’étaient des écus.

Il fait ensuite passer dans ses achats les billets de la banque ; et quandson vendeur consent à les recevoir, c’est celui-ci qui, à son tour, prête àla banque ; il lui prête les écus qu’il serait en droit d’aller recevoir et qu’ilveut bien laisser entre ses mains. Lorsque les billets passent à un troi-sième individn, c’est alors ce dernier qui se substitue au précédent pourprêter à son tour à la banque, sans intérêts, l’argent laissé entre ses mains;et pourquoi consent-il à le prêter sans intérêts? C’est parce que si au lieude billets il avait reçu des espèces, ces espèces ne lui rapporteraient pointd’intérêts non plus.

En résultat, ce sont les porteurs successifs des billets qui prêtent à labanque une portion oisive de leurs capitaux ; et celle-ci leur donne pourgage de ce prêt ses billets dont ils se servent entre eux comme de monnaie.

Une partie des billets vient journellement se faire rembourser, maisune autre partie est journellement versée dans la circulation ; d’où il suitqu’il reste habituellement dans la circulation une somme de billets pro-portionnée tout à la fois, et à l’étendue du district où les billets ont cours,et à l’importance des échanges qui s’y font, et à la confiance que l’on a dansle remboursement à vue des billets. L’un ou l’autre de ces motifs venant àdiminuer, la quantité des billets en circulation diminue. Il en revient plusà la caisse que la caisse n’en émet ; et si la caisse cherche à augmenter sesémissions, un plus grand nombre de billets se présentent pour être rem-boursés. Une banque sage, dans une circonstance semblable, borne elle-même ses émissions ; car un grand nombre de remboursements demandésportent une atteinte à son crédit.