UES BILLETS ET DES BANQUES DE CIRCULATION.
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I résulte de l’usage des billets de confiance, on demande en quoi consistel’avantage qu’il y trouve? Le voici. Il peut, grâce aux billets, escompterà la banque des lettres de change à terme. Une avance procure un profit,même lorsqu’on en paie l’intérêt. Si je touche aujourd’hui le montantd’une lettre de change que je ne devais toucher que dans deux mois, jepeux commencer des aujourd’hui une opération lucrative que je n’aurais( sans cela commencée que deux mois plus tard, et qui, indépendammentde l’intérêt que j’ai payé et que les produits de l’entreprise me rem-boursent, me procure le salaire des peines et des talents que je déploiedurant cet espace de temps.
! Il y a en outre dans l’abondance, et peut-être dans une dégradation lé-gère , mais lente, de la valeur des monnaies, un avantage plus vague etfort difficile à définir; mais qui, cependant, s’est presque toujours faitsentir. Les premières émissions de la banque de Law furent accompa-gnées d’une grande activité dans l’industrie de la France. Le même effetput être observé quand on fit les premières émissions d’assignats en 1791.Les années qui virent se multiplier les billets de la banque d’Angleterrefurent de même très favorables au développement de toute espèce d’indus-trie ; et lorsqu’on 1816, 1817 et 1818, la somme des monnaies fut réduiteet leur valeur restaurée, l’industrie anglaise eut beaucoup à souffrir.
Il est très difficile d’expliquer cet effet; mais il paraît constant. En dépitdes principes qui nous enseignent que la monnaie ne joue que le rôle d’unsimple intermédiaire, et que les produits ne s’achètent au fond qu’avecdes produits, une monnaie plus abondante favorise toutes les ventes et lareproduction de nouvelles valeurs. Peut-être que la quantité de la monnaies’augmentant plus vile que sa valeur ne décline, on peut toujours payeraux producteurs les services productifs qu’ils ont consommés pour créerleurs produits un peu plus cher qu’ils ne les ont payés eux-mêmes. Peut-être le sentiment confus que chacun a de la dépréciation graduelle de lavaleur de la monnaie est-il cause que les consommateurs sont toujoursdisposés à se défaire de leur monnaie contre d’autres produits dont la va-j leur n’est pas exposée à décliner de même. Alors les producteurs rentrentplus promptement dans leurs avances, et les marchandises de la vente laplus difficile trouvent à se placer. A la vérité, cet effet ne saurait être du-rable ; car tout déclin de valeur doit s’arrêter ou finir par une déprécia-tion totale ; toujours est-il vrai que l’époque de la dépréciation est accom-pagnée de quelque bien-être, et que cet état peut durer assez longtempssi la dépréciation est très lente. Un des meilleurs esprits et des plus sa-
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