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Tome I.
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DES BILLETS ET DES BASQUES DE CIRCULATION.'

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mouvement de caisse laisse entre ses mains; car, comme elle n’acquitteaucun mandat sans en avoir les fonds d’avance, chacun des particuliersqui ont un compte-courant ouvert dans ses bureaux doit toujours avoir unsolde de caisse à son crédit. C’est le service qu’exécutent ceux qu’on ap-pelle banquiers en Angleterre.

Cet arrangement libère quelques capitaux et permet qu’il soient em-ployés reproductivcmenl. En effet, chaque négociant étant exposé à desdépenses, à des remboursements imprévus, est, en général, obligé degarder dans sa caisse une certaine somme porportionnée à l’étendue deses affaires. Cent négociants, dont chacun, le fort portant le faible, gardeainsi en réserve dix mille francs, ont entre eux un million qui dort inactif.S’ils chargent la banque de leurs recettes et de leurs paiements, ce millionreste entre les mains de la banque, et comme tous les besoins imprévusde ses clients n’arrivent jamais tous au môme instant, elle n’est pas obligéede tenir disponible la somme entière. Sur un million laissé entre ses mains,l’expérience lui apprend qu’on n’est jamais exposé peut-être à des rem-boursements imprévus qui s’élèvent à deux cent mille francs. 11 lui suffitdonc d’entretenir dans ses caisses deux cent mille francs pour cet objet -,et elle dispose du surplus de 800 mille francs dont elle tire intérêt. Cesont 800 mille francs ajoutés au capital productif de la société. C’est unesomme qui serait demeurée stagnante dans diverses caisses, et dont lamajeure partie devient disponible lorsqu’elle est réunie dans une seule.

Ce service épargne aux particuliers qui en font usage un travail et desrisques; de son côté, la banque y trouve de nouvelles occasions de lan-cer ses billets dans la circulation ; et, sur ce nombre, il y en a toujoursqui continuent à circuler et ne viennent pas au remboursement. Or, unbillet nouveau, qui ne se fait pas rembourser, est une valeur que la banqueemprunte sans intérêts et qu’elle replace avec intérêts.

Beaucoup de personnes s’imaginent que, lorsqu’une fois une banque amis dans la circulation des billets pour une très forte somme, il lui de-vient impossible de les retirer, qu’il faut toujours que l’autorité vienne àson secours, et qu’il en résulte inévitablement des désordres et des pertespour le public. C’est une erreur. L’opération de retirer ses billets est, pourune banque bien administrée, la plus simple et la plus facile des opéra-i tions. Toutes les fois que cette liquidation s’est mal opérée, cela est tou-jours arrivé, du moins à ma connaissance, par suite de la malversationdes agents comptables ou par l’intervention des gouvernements.