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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE XM1I.

Pour comprendre ce que c’est que lu liquidation d’une banque, il fautsavoir de quelle nature sont ses engagements.

Un certain nombre d’actionnaires ou d’associés se réunissent ; chacund’eux fournit une somme proportionnée au nombre d 'actions, c’est-à-dire,de parts pour lesquelles il veut s’intéresser dans les affaires de la banque.Si, par exemple, le capital est, comme le capital de la banque de France,de 90 millions, divisés en 90 mille actions de mille francs chacune, celuiqui veut y être intéressé pour 10 actions fournit 10 mille francs. Il en four-nit 60 s’il veut prendre 60 actions. Quand chacun a contribué, il se trouveque le capital de la compagnie, avant l’émission d’aucun billet, est de 90millions. Ce capital est représenté, dans la loi de sa création, comme uncautionnement, comme une garantie offerte au public, que les billets auporteur que Ton va verser dans la circulation seront fidèlement acquittés.Ce cautionnement n’est pourtant pas strictement nécessaire au rembourse-ment de ces mêmes billets; vous le sentirez aisément.

En effet, quand la banque émet un billet de mille francs, ce billet nesort pas gratuitement de ses mains; elle reçoit en échange une valeur quel-conque, un effet de commerce, par exemple, de mille francs, sur lequelelle retient un escompte. Or, cet effet de commerce, cette lettre de changequ’elle met dans son portefeuille, est le véritable gage de son billet. C’estcela que j’appelle une valeur reçue par la banque en échange de la valeurdu billet qu’elle a émis. Maintenant, comment cette lettre de change peut-elle servir à l’acquittement du billet de confiance que cet arrangementa lancé dans la circulation ? Une fois que l’échéance de la lettre de changeest arrivée, si l’accepteur est solide, ne faut-il pas qu’il l’acquitte, qu’illa paie au caissier de la banque qui la lui présente? Il ne peut la payerqu’en donnant des écus, ou des billets de la banque elle-même. S’il donnedes écus, la banque reçoit en espèces la somme qui lui est néceesaire pouracquitter son billet. S’il donne un billet de la banque elle-même, ce billetétant rentré, la banque est dispensée de l’acquitter.

Si les lettres de change que la banque a prises à-l’escompte sont ungage suffisant des billets qu’elle a versés dans la circulation ; si elle achoisi des lettres de change solides, qui sont un moyen infaillible dérem-bourser ses billets de confiance, pourquoi oblige-t-on les actionnaires deces compagnies de fournir une mise de fonds? Pour servir de cautionne-ment ; pour présenter au public un gage additionnel et superflu de l’ac-quittement de ses billets. La banque peut essuyer des pertes imprévues,des abus peuvent se glisser dans sa gestion. Il faut que les porteurs de

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