DES BILLETS ET DES BANQUES DE CIRCULATION.
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billels soient absolument à couvert de tous risques. Pour eux, nulle perlen’est compensée par des chances de bénéfices; toutes les pertes doiventêtre au compte de la banque; ce n’est qu’à ce prix qu’elle peut mériter laconfiance dont elle a besoin, et ses capitaux sont là pour faire face à sesperles, s’il en survenait.
Je vous ai parlé, messieurs, d’une réserve en espèces, destinée à pour-voir au remboursement de ses billets; et en effet, elle est nécessaire; voicipourquoi. Les lettres de change qui sont en portefeuille suffisent, il estvrai', à ce remboursement ; mais elles sont à terme : les unes sont paya-bles demain ; les autres après demain, le jour suivant, au bout d’un mois,de deux mois, peut-être de trois; cependant, les billets de la banque étantpayables à vue, au porteur, s’ils éprouvaient un discrédit total et subit,le public pourrait se porter en foule à la banque, et, à la rigueur, en de-mander le remboursement à l’instant même. 11 faudrait donc que la banqueeût par devers elle une somme destinée à faire l’avance du remboursementdes billels ; avance qui rentrerait toujours à mesure que l’échéance deseffets de portefeuille arriverait. Mais si la banque gardait une somme euespèces égale à celle de ses billels, elle ne gagnerait rien à les mettre encirculation ; car elle perdrait, sur les espèces en caisse, un intérêt pareilà celui qu’elle gagnerait sur ses billels en circulation. Heureusement qu’uneréserve aussi considérable n’est point nécessaire quand une banque nefait des avances que sur des effets remboursables, et dont l’échéance n’estpas très reculée. Une banque bien administrée n’escompte pas des lettresde change qui aient plus de trois mois de terme, et même elle en escomptepeu d’une échéance aussi longue. La défiance ne gagne jamais tous lespossesseurs de billels en même temps. Enfin, le temps physiquement né-cessaire pour compter un grand nombre de millions en écus occupe plu-sieurs journées; ce qui laisse aux échéances successives des lettres dechange le temps d’arriver, et permet d’employer d’autres moyens de réa-liser des sommes d’argent. Une réserve en argent qui s’élève au tiers dela somme en émission a toujours paru suffisante.
La banque de France a presque toujours dans ses coffres des sommesbien plus considérables et sans doute bien supérieures à celles que la pru-dence lui conseille de tenir en réserve '. Les espèces qu’elle garde sont
1 Au mois de juillet 1828, la banque de France avait 200 millions de billets eucirculation ; et sur deux mille comptes-courants de négociants qui la chargeaisde leurs recettes et de leurs paiements, on était en avance avec elle de