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Tome I.
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ABUS DES BANQUES DE CIRCULATION.

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qui fondent leur crédit; la banque n’escompte que les lettres de changequi portent les signatures de trois maisons de commerce solidairementgarantes les unes des autres, et il faut que celle de ces maisons qui veutprésenter des effets de commerce à l’escompte, ait été admise à profiterde cet avantage par une délibération spéciale du conseil général qui ad-ministre cet établissement.

Ces précautions sont telles, que si la banque de France peut encourirun reproche, c’est de les avoir poussées trop loin. L’utilité d’une compa-gnie qui avance de l’argent sur des effets n’est pas autant de venir ausecours des gens riches, de ceux qui ont de gros capitaux, beaucoup demoyens de les accroître, et de vastes ressources pour parer à des besoinsmomentanés, que de venir au secours des négociants embarrassés, quiprésentent dans leur probité, leur prudence, ou la nature de leurs affaires,des garanties raisonnables sans être d’une sûreté parfaite. De quelle uti-lité serait pour le commerce maritime une compagnie d’assurance qui nevoudrait jamais assurer que les bâtiments qui ne courent point de danger ?C’est par les pertes que fait une telle compagnie qu’elle se rend utile,pourvu toutefois que ses pertes soient surpassées par ses bénéfices ; et jevous avoue que j’aurais eu une bien plus haute idée des services que labanque de France aurait rendus au commerce, si j’avais vu que sur lesréserves énormes qu’elle a distribuées à ses actionnaires et sur celles qu’ellepeut leur distribuer encore, elle eût eu quelques pertes à supporter. Onne peut pas exiger, dit-on, d’une compagnie financière qu’elle s’expose àdes pertes qu’elle peut éviter. — Qu’elle n’ait donc pas un privilège exclu-sif, et qu’elle soit exposée à la concurrence d’un ou de deux autres éta-blissements du même genre. Ils lutteraient d’efforts pour se rendre utilesau public. Celui qui se rendrait le plus utile par plus d’avances faites aucommerce, en serait dédommagé par une circulation plus étendue de sesbillets au porteur.

CHAPITRE XIX.

Abus des banques de circulation.

Nous venons de voir, messieurs, quels sont les services que les banquesde circulation peuvent rendre, soit à leurs actionnaires, soit aux particu-liers. Je ne dois pas vous laisser ignorer les abus qu’un grand nombred’expériences ont prouvé que l’on pouvait en faire.