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Tome I.
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ABUS DES BANQUES DE CIRCULATION.

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la môme valeur; j’aurai prêté de la monnaie jouissant de sa valeur inté-grale, et l’intérêt en sera payé en monnaie dégradée; le gouvernementqui doit deux cent millions de rente, les acquittera avec une valeur de centmillions; mais aussi, au lieu de toucher des impôts pour une valeur de900 millions, ce qu’il recevra des contribuables 11 e vaudra plus que 450millions *.

J’ai exagéré ces effets pour les simplifier; mais ce qui ne pourrait êtreporté à cet excès, peut être porté à un degré quelconque qui serait sur lechemin d’un pareil excès.

En Angleterre, ce n’est pas seulement la banque d’Angleterre, séant àLondres, qui jouit de la faculté d’émettre des billets pouvant remplacer lamonnaie, mais encore les compagnies de banque formées dans les troisroyaumes, Londres et Dublin exceptés, dont les banques ont un privilègeexclusif 2 . U n’y a aucune ville de commerce dans les provinces en Angle-terre, en Écosse, en Irlande, qui n’ait une ou plusieurs compagnies debanque; toutes ces compagnies mettent en circulation des billets faisantoffice de monnaie. Ces billets sont remboursables à volonté en billets dela banque d’Angleterre, qui sont eux-mêmes remboursables à volonté enmonnaie d’or, sur le pied d’une once d’or frappée en monnaie pour 3 livres

' Si quelqu’un pouvait douter que les dépréciations survenues à diversesépoques en Angleterre dans l’agent de la circulation, et qui ont plongé ce paysdans des crises commerciales douloureuses, tiennent à la trop grande émissiondes billets de la banque d’Angleterre et des banquiers de province, il en trou-vera des preuves nombreuses dans un écrit de M. Rob. Mushet, publié en 1826,intitulé : An altempl lo explain frorn facts lhe effet Is o( lhe issues of lhe Bank ofEngland , chap. VI. Voyez aussi les Esquisses parlementaires de 1822. Mais siTon ôte aux compagnies et aux particuliers la faculté de multiplier à volonté lessuppléments de la monnaie, il ne s’ensuit pas qu’on doive laisser cette facultéau gouvernement ou à ses agents : elle n’est pas moins dangereuse entre leursmains.

s La banque d’Angleterre fut fondé en 1694, à l’occasion d’un prêt de 1,200,000livres sterling fait au gouvernement. Ses privilèges ont été successivement re-nouvelés et presque toujours au moyen de nouvelles avances faites pour lesservices publics. Le dernier renouvellement de la charte de la banque a eu lieuen 1833, cl ses privilèges ont été continués pour durer jusqu’à un an après avisde leur cessation : cet avis ne pouvant pas être donné avant le 1 er août 1855, saufcependant une réserve spéciale de pouvoir le donner le 1 er août 1815.

[Note de l’cdileur.)