Band 
Tome I.
Seite
474
JPEG-Download
 

TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE XIX.

il •£

17 shillings 10 1/2 den. Les billets de banque de province, dans l’étatordinaire du crédit, ont cours dans le district où se trouve chaque banque.Lorsqu’on veut aller dans un autre district où les billets du premier pour-raient n’avoir pas cours, on les change contre des billets de la banqued’Angleterre qui ont cours partout.

Il est impossible de savoir avec exactitude à combien se montent lesémissions réunies de toutes ces banques; mais lorsque les billets de labanque d’Angleterre avaient un cours forcé, qu’ils avaient fait disparaîtrela monnaie métallique et qu’il y en avait dans la circulation pour plus de25 millions sterling, on estime que les émissions réunies de toutes lesbanques de province pouvaient s’élever à une somme pareille’. Il dépenddonc des banques particulières dédoubler, si elles veulent, le nombre desunités monétaires d’un pays.

La crise commerciale qui a eu lieu en Angleterre est propre à faire sentirles inconvénients qui peuvent naître de cette faculté illimitée démultiplierl’agent de la circulation. Les banques ont abusé de cette facilité et se sontservies de leurs billets pour escompter une trop grande quantité d’effetsde commerce. Les chefs de beaucoup d’entreprises ont pu, au moyen deces escomptes, donner à leurs entreprises une extension disproportionnée

' Les banques de province, en Angleterre, sont des sociétés en noms collectifs;elles ne peuvent avoir que six associés solidairement responsables pour touteleur fortune. Les banques d’Écosse peuvent être formées en sociétés anonymesoù chaque associé n’est responsable que pour le montant de ses actions. Ellesne s’engagent au remboursement de leurs billets qu’en mandats sur Londres,à dix jours de date. Elles n’excèdent guère dans l’émission de leurs billets lesbesoins de la circulation courante ; car alors on exige d’elles des mandats surLondres, dont elles ne peuvent faire les fonds à Londres sans des frais qui ex-cèdent bien vite les bénéfices qu’elles peuvent attendre de ces billets surabon-dants.

* A l’époque dont il est question, et où la multiplication des papiers-monnaieset des billets de banque allait peut-être à 50 millions sterling, il y avait en outredes coupures de billets. Ces coupures se composaient de shillings usés et d’uneespèce de jetons ( lokcns ) qui, ne contenant pas la quantité d’argent qui devait setrouver dans la somme qu’ils représentaient, n’étaient jamais fondus. On peutévaluer ces signes à une valeur nominale de 5 à 6 millions sterling, en y com-prenant les monnaies de cuivre, qui ne sont guère jamais en tout pays que desbillets de confiance dont la valeur intrinsèque est fort au-dessous de leur valeurnominale.