ABUS DES BANQUES DE CIRCULATION.
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avec leurs capitaux. La multiplication de l’agent de la circulation a faittomber la valeur de l’unité monétaire au-dessous de la valeur de l’or quidoit légalement s’)' trouver. Une livre sterling en or, valant dès ce momentun peu plus qu’une livre sterling en billets, les porteurs de billets se sontprécipités à la banque pour se faire rembourser. M. Senior, professeurd’économie politique à l’université d’Oxford, assure que l’exportation del’or, dans la seule année 1824, s’est élevée à 4,400,000 livres sterling ’. Labanque, obligée par les lois à rembourser ses billets en numéraire métal-lique, s’est vue contrainte de racheter de l’or, à tout prix, et de le fairefrapper en monnaie avec des pertes et des frais considérables * 2 ; pour évi-ter ces pertes, elle a fait rentrer ses billets, et a cessé d’en mettre de nou-veaux en circulation. Il a donc fallu qu’elle cessât d’escompter des effetsde commerce. Les banques provinciales ont été contraintes par suite d’enfaire autant, et le commerce s’est trouvé privé tout à coup des avances surlesquelles il avait compté, soit pour former des entreprises nouvelles, soitpour donner plus d’extension aux anciennes. A mesure que l’échéancearrivait des engagements que les négociants avaient escomptés, ils ont dûles acquitter; et ne trouvant plus d’avances chez les banquiers, chacun aété forcé d’user de toutes les ressources dont il pouvait disposer; on avendu des marchandises pour la moitié de ce qu’elles avaient coûté; onn’a trouvé à vendre le fonds des entreprises pour aucun prix ; toute espècede marchandises ayant baissé au-dessous de leurs frais de production, unemultitude d’ouvriers sont restés sans ouvrage ; beaucoup de faillites sesont déclarées parmi les négociants et parmi les banquiers, qui, ayant misdans la circulation des billets au porteur pour une somme plus forte quecelle dont pouvait répondre leur fortune personnelle, n’avaient plus pourgage de leurs émissions que des engagements de particuliers dont plu-sieurs étaient faillis 3 .
’ Thrce lectures on the transmission of precious mêlais from counlry lo counlry,page 29.
2 J’ai parlé ailleurs des billets de la banque d’Angleterre ( bank-notes ) commeétant un papier-monnaie, parce qu’alors ils avaient un cours forcé; mais, en 1824,ils n’étaient plus que des billets de confiance que la banque était obligée de rem-bourser en or, à présentation.
s On voit, dans un écrit de M. Parnell, membre du parlement, publié en 1823,et intitulé : Observations on paper-moncy, over-trading , etc., p. 29, qu’entre lemois d’octobre 182b, et le mois de février 1826, il veut 59 banqueroutes déclarées