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Tome I.
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ABUS UES BANQUES DE CIRCULATION.

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monnaie? c’est-à-dire d’une marchandise divisible au point de se propor-tionner à l’importance de toute espèce d’achats, et qui convienne infail-liblement au possesseur de la marchandise dont on a actuellement besoin.

Pour que la valeur d’un billet de confiance se soutienne, il faut doncqu’il puisse procurer à son propriétaire de la monnaie. Nulle autre valeurne peut remplacer celle-là, parce qu’elle possède des qualités qui ne serencontrent pas dans une autre marchandise. Si nul autre gage ne peutservir au même degré, les immeubles ne peuvent donc servir de gages.Un manufacturier reçoit des billets en paiement de ses marchandises;mais si, au lieu d’argent, il ne peut recevoir qu’une terre pour son billet,comment avec celle terre paiera-t-il ses ouvriers, des ouvriers qui atten-dent leur salaire pour acheter le dîner de leurs enfants? Si la monnaiepeut être remplacée par des billets, les billets à leur tour ne peuvent êtreremplacés que par la monnaie.

Ces principes, que j’ai amplement développés, mais en d’autres termes,dans mon Traité dïÉconomie politique (part. I re , ch. 30, § 3), expliquentpourquoi diverses banques agricoles, dont l’essai a été fait à différentesépoques presque dans tous les pays, se sont écroulées plus ou moinsrapidement.

En 1786, l’impératrice de Russie créa une banque d’emprunt destinéeà prêter sur hypothèques, aux propriétaires d’immeubles, des assignatsqu’ils étaient autorisés à faire circulercomme de la monnaie, etqui devaientêtre remboursés àbureau ouvert. Malgré la solidité de la garantie, la banquea été hors d’état de les acquitter comme elle l’avait promis, et maintenantles assignats russes sont devenus une monnaie forcée, qui circule pourbeaucoup moins que sa valeur primitive concurremment avec le cuivre.

Ce qu’une banque pourrait prêter avec beaucoup d’avantages pour l’in-dustrie agricole, ce serait son fonds capital; car la valeur n’en appartientpas aux porteurs des billets. C’est la propriété des actionnaires, qui peuvent,s’ils le veulent, lui donner celle destination, et qui savent à quelles condi-tions ils l’engagent. On ne saurait douter, que si les 90 millions qui com-posent le fonds capital de la banque de France, au lieu d’avoir servi à desconquêtes désastreuses, eussent été prêtés aux agriculteurs français, avechypothèque sur leurs biens, à la charge par eux d’employer ces avancesen améliorations et de les rendre par petites portions d’année en année,on ne saurait douter, dis-je, qu’il n’en fût résulté d’immenses avantagespour l’industrie agricole. Les rentrées annuelles faites à la banque lui au-raient fourni les moyens de fertiliser chaque année de nouveaux fonds de