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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE XIX.
terre, avec toute sûreté pour les actionnaires de la banque, et avec la mêmegarantie pour les porteurs de billets. Au lieu de cela, l’empereur dépensastérilement le fonds capital de la banque, qui n’a maintenant pour gagede la restitution de ses capitaux que la bonne volonté du gouvernement.
Les lettres de change que les négociants appellent du papier de circu-lation ., pour les raisons que nous venons de voir, ne sont pas des gagessuffisants pour les billets au porteur d’une banque. Les tireurs de ceslettres de change, n’ayant pour en faire les fonds à l’échéance d’autre res-sources que de faire de nouvelles traites qu’on escompte et dont on seprocurera les fonds par une opération semblable, empruntent réellementdes sommes qu’ils n’ont pas les moyens de rembourser; leur opération seréduit à un emprunt non remboursable, comme ceux qui seraient faitspour améliorer une terre ou élever un bâtiment. Le remboursement nepeut s’opérer du moins que par des économies sur les prolils qu’on espère,c’est-à-dire par de nouvelles accumulations, à l’aide d’un nouveau capital.Ces espérances peuvent être fondées; mais elles ne peuvent servir à l’ac-quittement de billets au porteur qui exigent de l’argent comptant, ou toutau moins de l’argent qui ne se fasse pas attendre longtemps. La sagacitéqui fait découvrir aux administrateurs d’une banque les effets de com-merce qui ne sont que du papier de circulation, afin de ne point le prendreà l’escompte, est, pour cette raison, une des qualités qui leur sont le plusnecessaires.
Les personnes qui présentent à l’escompte des effets pour l’acquitte-ment desquels elles comptent sur de nouveaux engagements qu’elles con-tracteront pour les escompter de même, donnent d’autant moins de sé-curité , que cette manière indirecte d’emprunter est onéreuse pour lesemprunteurs. Ils ont à payer, outre l’escompte, des commissions aux ban-quiers accepteurs, des courtages et des droits de timbre, de poste, etc. ’.
De tous les abus auxquels l’établissement des banques à donné lieu, leplus grave peut-être a été les prêts démesurés qu’elles ont faits à des gou-vernements dilapidateurs. Il en est presque toujours résulté des pertespour les banques et pour le public, et des facilités données aux gouver-nements pour faire du mal.
Les gouvernements d’Europe sont devenus des emprunteurs perpé-
’ Ce sont des condescendances de ce genre qui ont amené la crise commercialequ’a éprouvée l’Angleterre en 1826. Voyez plus haut la page 474.