ABUS DES BANQUES DE CIRCULATION.
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tuels ; mais il a fallu varier les formes de ees emprunts pour qu’ils fussentmoins scandaleux. Les banques de circulation en ont masqué une partie.On a dit aux capitalistes disposés à s’y intéresser : « Fournissez un fonds« capital, ou bien augmentez le fonds que les actionnaires de la banque« ont déjà fourni, et prêtez-le au gouvernement. Il servira tout de môme« de garantie aux porteurs des billets ; car une créance sur l’État est un« gage dont on ne peut suspecter la solidité ; et ce gage portera intérêt« aux actionnaires de la banque, sans nuire aux bénéfices qu’elle trouvera« dans ses autres opérations. »
Ce nouveau prêt avait cela d’avantageux pour le gouvernement, queles titres de celte créance (ce qu’on appelle en France des inscriptions augrand-livre de la dette publique'), n’étant pas disponibles, ne peuvent en-trer sur le marché (c’est-à-dire à la bourse) en concurrence avec les litresdes autres créanciers ; ils n’augmentent point la quantité offerte de cetteespèce de marchandise, et ne contribuent point par conséquent à la dé-précier. Or, les gouvernements attachent un grand prix à ce que les litresde leur dette ne soient point dépréciés. Ils en font, quoiqu’à tort peut-être,la mesure de la confiance qu’on leur accorde.
D’un abus à l’autre le pas est glissant. Les gouvernements, séduits parla facilité que le crédit d’une réunion de riches capitalistes leur présentepour l’accomplissement de leurs dispendieuses pensées, ou pour la satis-faction de leurs passions politiques, ne se sont pas contentés de leur em-prunter leur capital ; ce qui ne présente pas beaucoup plus d’inconvénientsque toute autre espèce d’emprunt ; mais ils se sont servis de l’inlluence quedonne l'autorité pour emprunter aux banques des sommes composées deleurs propres billets au porteur ; ce qui a toujours mis les banques dansla triste nécessité de faire banqueroute aux porteurs des billets. En effet,le gouvernement emprunteur des billets les emploie à l’acquit de ses dettes,ou de ses fonctionnaires, ou des fournitures qui lui sont faites ; ce qui faitpasser les billets entre les mains du public; et lorsque le public se pré-sente pour en toucher le montant, la banque se trouve ne posséder d’autregage pour les acquitter que des reconnaissances du gouvernement quiportent intérêt, mais qui ne sont pas exigibles, et que le gouvernementlui-même ne pourrait acquitter, s’il en avait la volonté, que par petitesportions, d’année en année, au moyen d’un excédant de ses revenus surses dépenses, excédant qui se rencontre peu souvent dans de tellesatîaires. Le gouvernement a beau reconnaître cette complaisance par uneprotection spéciale, il a beau conférer à la banque tous les monopoles