480
TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE XX.
dont elle est capable de tirer parti ; il a beau donner Tordre de recevoirses billets dans toutes les caisses publiques; il ne peut pas faire qu’unpays qui n’a besoin que d’un milliard de valeur monétaire, en supportedeux milliards sans dépréciation.
Nous trouverions au besoin dans l’histoire de presque toutes les banquesdes exemples de ces abus.
La banque de Stockholm, établie peu après la mort de Charles XII,fut bientôt obligée de recourir à la législature pour obtenir des dispensesde payer.
L’ancienne banque de Copenhague, fondée en 1736, et la nouvelle, fon-dée en 1791, ont toutes deux été forcées de suspendre le paiement de leursbillets au porteur, après les avoir prêtés au gouvernement sur des titresdont le remboursement ne pouvait être promptement obtenu.
Je ne reviendrai pas sur les exemples déjà cités de la banque de Lawsous la régence d’Orléans, de la caisse d’escompte sous le ministère deCalonne, et de la banque d’Angleterre sous Pilt, qui ont été obligées desuspendre leurs paiements précisément pour le même motif.
CHAPITRE XX.
Des banques de dépôt et des virements de parties.
Les banques de dépôts sont des établissements publics où les particulierspeuvent déposer des valeurs métalliques, c’est-à-dire, des monnaies natio-nales ou étrangères et des lingots d’or et d’argent. On constate l’impor-tance intrinsèque de leur dépôt, et on leur ouvre, à la banque, un compteoù ils sont crédités de la valeur déposée. Ils peuvent ensuite, sans la re-tirer, en disposer, en faisant porter au crédit d’une autre personne lasomme qu’ils veulent lui transférer. Un léger droit de transfert suffit pourcouvrir leurs frais.
Les plus anciennes banques de l’Europe, celles de Venise, de Gênes,de Hambourg, d’Amsterdam , ont été fondées sur ce plan et ont subsistéjusqu’à nos jours; mais elles n’existent plus; et je crois que celle deStockholm est la seule qui ait résisté. Je ne pense pas que celles qui ontété détruites soient rétablies. Elles ne présentent pas, pour le public oules particuliers, des avantages assez notoires *, surtout à l’époque où nous
Si l’on désire savoir quelle utilité Ton retirait des banques de dépôt à d’autres