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Tome I.
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BANQUE DE DEPOT ET VIREMENTS DE PARTIES

sommes parvenus, où les mêmes avantages peuvent être obtenus avecmoins de frais et de dangers, par le moyen des banques de circulation etdes virements de parties dont je vous dirai quelque chose tout à l’heure.Elles ne procurent la disposition d’aucun capital nouveau, la valeur qu’ellesmettent en circulation se trouvant neutralisée par une valeur égale qu’ellestiennent en dépôt, et qu’elles laissent dans l’inaction.

Malgré toutes les précautions qu’on peut prendre pour la sûreté du dé-pôt qui constitue la solidité de ces banques, on ne peut se dissimuler qu’unsi grand amas de richesses métalliques ne soit exposé à de dangereuxhasards. La banque d’Amsterdam fut visitée, lorsque l’année de Louis XIVpénétra jusqu’à Utrecht en 1672, et plus récemment lors de l’invasion de1794. A cette dernière époque, il fut même constaté que le gouvernementHollandais avait disposé d’une partie de ce dépôt pour prêter, soit à laville d’Amsterdam, soit à la compagnie des Indes, soit aux provinces deHollande et de West-Frise, une somme de 10,624,793 florins que ces cor-porations étaient hors d’état de restituer. Le dépôt de la banque de Ham-bourg, qui, le 4 novembre 1813, se montait à la somme de 7,489,343marcs de banque, fut saisi par ordre du maréchal Davoust pour subveniraux frais du siège qu’on faisait de celte ville. Quant aux pays soumis à unpouvoir sans contrôle, nul dépôt public n’y est en sûreté.

Je ne m’arrêterai donc pas davantage sur cesbanques, qui ne paraissentpas de nature à se multiplier, surtout depuis que la théorie des monnaieset des billets de confiance est mieux connue, et permet qu’on se tienne engarde contre l’abus que l’on peut en faire.

Les virements de parties, c’est-à-dire, les compensations de dettes parles créances, sans transmission réelle de monnaie, ont quelque analogieavec les banques de dépôt et n’en ont pas les inconvénients. Ils tiennentlieu de monnaie jusqu’à concurrence des sommes qui peuvent se compen-ser de cette manière, et n’exigent l’emploi de la monnaie que pour dessoldes de peu de conséquence. Ils prouvent, pour en faire en passant laremarque, que les monnaies ne sont autre chose qu’un instrument com-mode dans les opérations productives, et n’en constituent pas l’essence etle but. C’est le réglement, la sanction d’une ou plusieurs transactions con-

époques, surtout dans de petits États, on peut consulter Adam Smith, Wealthof Nations, liv. IV, ch. 3, ou mon Traité (TÉconomie politique , liv. I, ch. 30, § 2.