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Tome I.
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TROISIEME PARTIE.

CHAPITRE XX.

dues, mais ce n’est pas une transaction nouvelle. Salomon doit à Richarddix mille francs; Richard les doit à Mondor; et Mondor, lui-même, doitune pareille somme à Salomon : ces trois personnes n’ont qu’à s’entendre,et leurs trois dettes sont acquittées par leurs créances, sans qu’il soit né- jcessaire d’effectuer aucun paiement. j

C’est à Londres qu’il se fait de nos jours le plus de virements de parties. jLes négociants n’ont presque jamais une caisse attachée à leurs comptoirs. jIls chargent des banquiers, qui n’ont point d’autres fonctions, de recevoir etde payer pour eux ; toutes les affaires se règlent par des mandats ( checks )que chacun fournit sur son banquier, auquel on remet en même tempstous les mandats que l’on reçoit. Les banquiers se rassemblent ensuitechaque jour à une certaine heure, dans un comptoir de réglements (clea-rirg-house), et compensent les mandats qu’on a sur eux par les mandatsquils ont sur les autres. Le nombre des banquiers de Londres est desoixante et dix; ils effectuent chaque jour des paiements pour une sommede 4,000,000 à 4,800,000 livres sterling', c’est-à-dire, de cent à cent vingtmillions, monnaie de France; ce qui suppose des paiements pour au moins37 milliards par année. On ne se sert de monnaie que pour payer desappoints, et cette monnaie se compose presque entièrement de billets deconfiance {bank-notes) ; 230,000 livres sterling suffisent à cette immensecirculation ”.

Il est certain que cette pratique supplée à une somme de monnaie de jquatre millions sterling, pour le moins, dans Londres seulement; car tous jces paiements, s’ils ne s’effectuaient pas de celte manière, devraient s’ef- 'fectuer en monnaie ou en billets de banque 3 . Cependant, il me semble que •les virements de parties ne surchargent pasla circulation monétaire, commeferait une pareille somme de monnaie qu'on jetterait dans le public. Qu’est-ce en effet qui surcharge la valeur monétaire? C’est une quantité de mon-naie supérieure aux transactions à solder. Mais une compensation de dettespar des créances n’introduit aucun agent superflu dans la circulation. Nullevaleur étrangère aux biens qui demandent à s’échanger n’existe en vertu

' Thornton : Inquiry inlo the nature and effecl o[ crédit.

* Aates : Essays on currency and circulation, page 16.

5 J’estime la somme de monnaie qui serait nécessaire au montant des paiementsd’un seul jour, parce que la même somme de monnaie qui aurait servi un jourpourrait servir aux paiements du lendemain, en supposant qu’il n’v eût pas dechômage d’argent en caisse.