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Tome I.
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LETTRES DE CHANGE ET CHANGE AVEC L’ÉTRANGER. 483

de ces compensations. On peut dire seulement qu’une nation où elles sonten usage a besoin d’une moins grande somme monétaire, et qu’il n’y auraitsurabondance, et par conséquent dépréciation, que dans le cas où l’on vou-drait jeter dans la circulation, pour subvenir à ces transactions, des sommesqu’elles ne réclament pas.

CHAPITRE XXI.

Des billets à ordre, des lettres de change, et du change avec l’étranger.

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Je ne considère ici, messieurs, les billets à ordre et les lettres de changeque comme signes représentatifs des monnaies.

Lorsqu’on doit une somme dont l’échéance n’est pas arrivée, on souscriten général, au profit du créancier, un billet payable au moment où la dettesera exigible. Si le billet était intransmissible, il ne remplirait pas l’olficede monnaie; mais la personne au profit de qui il est souscrit, pouvant lepasser à Tordre d’une autre, peut s’en servir, si cette dernière personne yconsent, pour effectuer un paiement; il remplit donc l’ofïïce de monnaie.

Ainsi fait une lettre de change, qui est un mandat fourni, comme voussavez, messieurs, sur une autre personne habitante d’une autre ville.L’objet des lettres de change est analogue à celui des virements de parties,des compensations de valeurs dont je viens de vous entretenir; mais c’estune compensation de deux valeurs situées en des lieux différents. Si unhabitant de Paris doit une somme à un habitant de Bordeaux, et si unautre habitant de Bordeaux doit à un autre habitant de Paris, il n’est pointnécessaire de faire voyager la somme de Paris à Bordeaux pour acquitterla première de ces dettes, et de la faire revenir de Bordeaux à Paris pouracquitter la seconde. Ces transports d’argent entraîneraient des frais etdes risques que Ton peut éviter par le moyen des lettres de change. L’ha-bitant de Bordeaux à qui Ton doit, fait une lettre de change sur son débi-teur de Paris. L’autre bordelais achète cet effet de commerce, et en faitremise à son créancier de Paris. Celui-ci en reçoit le montant chez le débi-teur parisien, et cette double dette est acquittée sans qu’il y ait eu aucunenvoi d’espèces.

On sent que le commerce, en approvisionnant les différents lieux duglobe, a des valeurs à recevoir partout. Pourquoi m’est-il dû à Bordeaux?c’est parce que j’y ai envoyé quelqu’une de ces marchandises queBordeaux