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Tome I.
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LETTRES DE CHANGE ET CHANGE AVEC L’ÉTRANGER. 487

des frais de transport d’une place à l’autre, en comprenant la prime d’as-surance qui couvre les risques de ce transport. Si, par exemple, on trouvedes intermédiaires qui se chargent, en temps ordinaire, moyennant5 onces d’or, d’en faire parvenir 100 onces à Londres, le cours du pa-pier sur Londres à Paris, ou du papier sur Paris à Londres, ne peut pass’écarter du pair de plus de 5 pour cent; car, dans ce cas, le négociantde Paris, qui voudrait faire passer des fonds à Londres, au lieu d’acheterune lettre de change payable à Londres, y enverrait de l’or.

Il n’est point même nécessaire, pour faire passer des fonds dansl’étranger, d’y faire passer de l’or; toute autre marchandise produit unsemblable effet ; et même l’avantage du change suffit quelquefois au béné-fice du négociant qui fait de tels envois de marchandises. Pendant laguerre avec l’Angleterre, on pouvait acheter partout, sur le continent,une.livre sterling payable à Londres pour 18 francs de France, ou unevaleur équivalente à 18 francs. Le change est même tombé au-dessousde ce taux. Les négociants anglais pouvaient, en conséquence, non-seu-lement ne rien gagner sur les marchandises anglaises qu’ils introduisaientsur le continent, mais ils consentaientvolonliers à y perdre, assurés qu'ilsétaient de regagner au delà de leur perle par la supériorité de valeurqu’avait la monnaie dont ils étaient payés, au-dessus de la monnaie de pa-pier qui avait servi à payer les frais de production.

Cette grande baisse du change de Londres venait probablement debien des causes diverses qui agissaient dans le même sens, et dont lesdeux principales étaient incontestablement, d’une part, les subsides con-sidérables que l’Angleterre payait aux princes qui faisaient la guerre avecelle; et, d’une autre part, la dépréciation du papier-monnaie anglais.

Les subsides faisaient rechercher par les agents du gouvernement an-glais la monnaie qui était payable sur le continent ; par conséquent, on ymettait un très haut prix, on donnait à Londres plus de livres sterlingpour avoir moins de francs. Pour la même cause, on fournissait, en di-verses parties de l’Europe, beaucoup de traites sur l’Angleterre, c’est-à-dire qu’on offrait en maints endroits de la monnaie payable en Angle-terre ; ce qui en faisait baisser la valeur.

La dépréciation du papier-monnaie anglais agissait dans le même sens,car il faut donner d’autant plus d’une monnaie qu’elle est plus décriée.Il est vrai que la dépréciation de la monnaie de papier obligeait, en An-gleterre, les spéculateurs à payer, avec plus de monnaie, les marchandises