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Tome II.
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SEPTIÈME PARTIE. — CHAPITRE 1”.

Une valeur de cent francs, consommée en faisant usage d’un meuble,d’une maison, d’un vêtement, et une valeur de cent francs consommée enservices rendus par un domestique, par un ouvrier, sont des consomma-tions pareilles sous le rapport de leur importance, quoiqu’elles puissentdifférer beaucoup quant à leur rapidité, à leur résultat, et dans l’intérêtdes personnes par qui elles s’opèrent.

Leur importance et leur nature sont pareilles, quels qu’en soienlles au-teurs. Ce qui est consommé dans l’intérêt de la nation tout entière com-pose les consommations nationales ; ce qui est consommé dans l’intérêtd’une province, d’une ville, compose les consommations provinciales,communales ; ce qui est consommé dans l’intérêt des familles ou des indi-vidus compose les consommations privées. Les unes comme les autrespeuvent être productives ou stériles ; et, toutes, elles consistent en unedestruction d’utilité emportant destruction de valeur, c’est-à-dire destruc-tion de richesse.

Les consommations que les familles ou l'État font dans le cours d’uneannée composent leur consommation annuelle. Celles qu’ils font chaquejour composent leur consommation journalière.

Quand on évalue les consommations totales d’une personne, d’une as-sociation de personnes, d’un pays, il convient d’y comprendre les expor-tations. Une valeur exportée est, pour ceux qui l’exportent, pour le paystout entier, une valeur ravie à toute consommation ultérieure. Elle n’estpoint perdue quand l’exportation est de nature à amener des retours ;elle est alors dans le cas d’une matière première que l’on consomme pourla confection d’un produit. De l’indigo, comme indigo, est consommédans l’opération de la teinture, quoique sa valeur reparaisse dans l’étoffequi en est teinte. De la même façon, une marchandise envoyée de Franceen Angleterre est absolument perdue pour nous sous le rapport du ser-vice qu’elle peut rendre ; mais sa valeur reparaît parmi nous quand arriventles marchandises que l’Angleterre nous envoie en retour. L’exportationest une consommation reproductive ; et de même que l’on comprend dansles consommations totales d’un pays la valeur des matières premièresemployées dans ses fabriques, il faut y comprendre ses marchandisesexportées, qui sont les matières premières du commerce extérieur.

D’un autre côté, il faut comprendre les importations dans la sommedes productions de notre pays ; de môme qu’après avoir compris dansles consommations le houblon que consomment nos brasseries, nouscomptons dans nos productions la bière qui sort de ces établissements.