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Tome II.
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DE L’INFLUENCE DE LA CONSOMMATION.

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par les seuls moyens qui en produisent, parce qu’on n’a que trop de pro-ducteurs. Ce sont les consommateurs qui manquent. Or, comme les ri-chesses ne viennent que de la production, si l’on veut avoir des consom-mateurs qui ne produisent pas, on veut donc qu’ils consomment les valeurscréées par d’autres hommes. Tel est, en effet, messieurs, le vice de cesystème. Il n’échappe à une impossibilité que par une injustice. Il conduità une fausse distribution des richesses de la société; et, par une faussedistribution, il ne remédie à rien. La somme des consommations est iné-vitablement bornée parcelle des revenus, et une consommation n’a jamaislieu qu’à l’exclusion d’une autre.

Je nie souviens qu’étant jeune, et avant d’avoir donné beaucoup d’at-icntion à l’économie des nations, j’assistai, à la campagne, à un repas fortgai, où l’un des convives ne manquait jamais de faire voler par la fenêtreles flacons à mesure qu’ils étaient vidés. C'était , disait-il, pour faire ga-gner les fabriques. Il était conséquemment fort satisfait des ses prouesses,elles assistants s’empressaient d’y applaudir.

Je commençai par en rire comme les autres; cependant, à mesure quela même folie était répétée, je ne pouvais m’empêcher d’y réfléchir, etmon esprit vint à douter de l’avantage qui pouvait résulter pour la sociétéen général d’une consommation dont il ne résultait aucun bien pour lesconsommateurs. Il me semble, me disais-je à moi-même, que le convivequi consacre trois ou quatre francs de son argent à payer des bouteillescassées, ne peut faire cette dépense sans qu’il en résulte un retranchementde pareille somme sur une autre dépense. Ce que le verrier vendra de plus,un autre marchand le vendra de moins. Le monde ne peut rien gagner àun pareil divertissement, et il y perd le service, l’utilité que le briseur deflacons pouvait recueillir de leur usage s’ils avaient été ménagés.

Et si l’on s’imaginait que les quatre francs payés au fabricant de bou-teilles faisaient plus qu’encourager la fabrication des bouteilles, et don-naient un nouvel encouragement à d’autres producteurs dont le verrierdevait acheter les produits, je remarquerai que le même effet aurait eulieu quel qu’eût été l’emploi qu’on eût fait de ces quatre francs : s’ilsn’eusstnt pas été chez le marchand de bouteilles, mais chez un libraire,ce libraire les eût également employés à un autre achat, et ainsi de suite ;mais il est bon d’observer que ce ne sont pas les pièces de monnaie quidans ce cas favorisent sans cesse une nouvelle production; c’est la pro-duction de l’objet même qui les procure au marchand. Les quatre piècesde monnaie qu’un libraire retire de la vente d’un livre ne sont autre chose